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PECS

Le système de communication par échange d’images PECS (Picture Exchange Communication System) a été conçu par le Dr Andrew S. Bondy et Lori Frost à l’intention des parents et professionnels ou éducateurs qui côtoient des enfants autistes. Il peut être utilisé pour faciliter la communication avec des personnes autistes de tout âge. Facile à comprendre, le PECS peut être adapté à la plupart des personnes sans nécessiter de préparation complexe ou de matériel coûteux. Ce système de communication utilise des pictogrammes représentant des objets, personnes ou actions de la vie quotidienne de l’enfant autiste, accompagnés du ou des mots correspondant à l’illustration.

Généralités

Les étapes

L’échange physique

Il est d’abord nécessaire d’identifier des renforçateurs significatifs (nourriture, activités ou objets) pour motiver l’enfant à communiquer. On doit ensuite lui enseigner comment échanger une image contre l’objet ou l’activité correspondants. Par exemple, si l’enfant tend l’illustration d’une pomme, il faut lui donner une pomme. Au départ, il est préférable d’utiliser la représentation d’objets très familiers (jouet préféré, pomme, jus d’orange, etc.). Chaque fois que l’enfant semble vouloir quelque chose, il faut :

  1. lui indiquer l’illustration correspondante
  2. la lui faire prendre et diriger son geste pour qu’il tende cette image
  3. lui donner ce qu’elle représente au moment où il remet l’image.

On doit remettre à l’enfant ce à quoi correspond un pictogramme autant de fois qu’il le présente. Cependant, il ne faut jamais lui tendre l’objet s’il n’y a pas eu échange. Cet exercice doit se poursuivre jusqu’à ce que l’enfant n’ait pratiquement plus besoin de l’aide d’un parent ou d’un proche pour reconnaître et remettre le pictogramme représentant l’objet ou l’activité qui l’intéresse.

Augmenter la spontanéité

Lorsque le parent ou l’intervenant constate que l’enfant a compris le principe de l’échange de l’image contre l’objet désiré, il peut alors intégrer le tableau de communication. Il s’agit d’un tableau - ou d’un catalogue - sur lequel on place différentes illustrations relatives aux besoins quotidiens de l’enfant. Les images doivent pouvoir être retirées et replacées facilement (l’usage de velcro ou d’aimants est recommandé). L’enfant devra apprendre à se rendre à son tableau de communication (ou catalogue), à prendre l’image correspondant à ce qu’il désire et à la remettre au parent. Par la suite, il est très important de procéder à l’échange et d’aller replacer l’image sur le tableau.

Discrimination d’images

L’étape suivante consiste à enseigner à l’enfant comment choisir l’image appropriée parmi toutes celles posées sur son tableau de communication. On commence par utiliser quelques images à la fois, puis on en ajoute de nouvelles suivant la progression de l’enfant. Il est suggéré de débuter par la discrimination entre une image appropriée et une image non appropriée. On peut également le faire choisir entre deux images parmi ses objets préférés. Il est très important de toujours échanger l’image choisie contre l’objet correspondant et de changer la position des illustrations sur le tableau pendant l’apprentissage afin que le repérage ne soit pas basé sur la position des images.

Structurer une phrase

Au cours de cette étape, on incitera l’enfant à faire une phrase pour formuler ses demandes. À cette fin, on peut utiliser un « carton phrase ». Il s’agit d’un support sur lequel l’enfant devra installer l’image « Je veux », suivie de l’illustration de l’objet qu’il désire. Au début, le parent devra probablement installer lui-même l’image « Je veux ». Cet exercice s’accompagne d’une stimulation verbale : lorsque l’enfant donne le « carton phrase », le parent le tourne vers lui et énonce la phrase tout en pointant les images. Le parent incitera l’enfant à prononcer les mots avec lui afin qu’il en vienne à dire la phrase sans aide.

Répondre à la question «Qu’est-ce que tu veux?»

Ici, le parent utilise encore l’image « Je veux ». Il doit pointer cette image et demander à l’enfant « Qu’est-ce que tu veux? ».Celui-ci devra alors montrer et nommer l’illustration correspondant à l’objet qu’il désire. Graduellement, le parent supprime l’incitation gestuelle (pointage de l’image « Je veux ») afin que l’enfant s’habitue à ne répondre qu’à la question verbale « Qu’est-ce que tu veux? ».

Commentaires spontanés et réponses

À cette dernière étape, le parent amènera l’enfant à répondre aux questions suivantes : « Qu’est-ce que tu veux? », « Qu’est-ce que tu vois? » et « Qu’est-ce que tu as? ». On doit continuer à utiliser les renforçateurs à chaque fois que l’enfant termine un échange. Le parent diminuera graduellement l’incitation gestuelle (pointage) tout en alternant les questions posées. De plus, lors de déplacements, le parent devrait faire des commentaires du type « Oh !… Regarde. Je vois… une voiture ! », tout en introduisant un délai avant de finir les phrases pour permettre à l’enfant de les compléter lui-même. L’utilisation de cette approche dans diverses situations comporte l’avantage de généraliser l’apprentissage et de diversifier les intérêts de l’enfant. Bien entendu, il s’agit d’un processus qui peut demander du temps, mais le jeu en vaut la chandelle !

Résultats rapportés

Des données empiriques qui soutiennent l’approche font état d’une augmentation de la capacité à communiquer chez la plupart des utilisateurs de la méthode (les enfants comprennent la fonction de la communication) et une émergence de l’usage spontané de la parole.

Fabriquer le matériel

On peut très facilement fabriquer soi-même ses propres illustrations ou pictogrammes à partir d’images trouvées dans des revues ou circulaires, les dessiner ou encore utiliser des photos. Les images doivent représenter des objets, des personnes et des actions. En milieu scolaire, on utilise un système plus élaboré, comportant des pictogrammes pour les verbes, les pronoms, les adjectifs, etc.



Les images doivent représenter des personnes, des gestes/actions et des objets ou aliments familiers à l’enfant (soeur, voisin, yogourt, jus d’orange, pomme, jouet, maison, voiture, panneau de signalisation, télévision, chien, lit, etc.)



De préférence, les images doivent être plastifiées ou collées sur un carton (comme un jeu de cartes).

Il est possible d’ajouter du velcro ou un aimant afin de fixer les images sur un tableau de polystyrène ou sur la porte du réfrigérateur (très pratique pour les illustrations ou photos d’aliments). On peut également faire imprimer des images provenant de différents logiciels (on doit toujours utiliser la meilleure qualité d’impression possible).

Il est fortement recommandé de créer un horaire pour l’enfant. Il s’agit d’un tableau ou d’un cartable ou cahier sur lequel on fixe, dans l’ordre, les images correspondant aux diverses activités de la journée, comme déjeuner, se brosser les dents, s’habiller, jouer à l’ordinateur, jouer aux images, dîner, etc. Ainsi, l’enfant peut aller voir sur le tableau ou dans le cartable quelle est la prochaine activité et retirer l’image de l’activité précédente quand celle-ci est terminée. À ce sujet, on peut consulter le livre Activity Schedules for Children with Autism : Teaching Independent Behavior ou obtenir d’autres exemples à l’adresse Internet suivante : members.aol.com/Room5/schedule.html.

Renseignements additionnels
La version française du guide PECS Training Manual (Frost & Bondy, 1994) a été publiée sous le titre : Système de communication par échanges d’images : Manuel d’apprentissage.

On peut l’obtenir en communiquant avec Mme Annick Roustan à l’adresse suivante :

534, Foxview Pl.
Ottawa, ONTARIO
K1K 4C4
Tél. : (613) 745-4811

On peut aussi obtenir d’autres renseignements, des témoignages et des conseils pratiques sur le PECS en visitant ces sites :
www.pecs-france.fr/ (en Français)
www.pecs-canada.com/catalog/ (pour les produits)

Résumé

Le système PECS est une méthode efficace qui permet à l’enfant autiste de progresser sur la voie de la communication. À la fois simple, pratique et peu coûteux, le PECS nécessite un minimum de matériel et peut s’adapter facilement aux besoins et aux intérêts des parents et de l’enfant. Les parents ne doivent pas hésiter à discuter de cette méthode avec le ou la spécialiste qui suit leur enfant afin de déterminer dans quelle mesure cette technique d’apprentissage et de communication pourrait lui être bénéfique.

La méthode PECS aide à initier le langage et vise à pallier, dans une certaine mesure, les déficits sociaux et communicationnels. Elle est appropriée pour les enfants non-verbaux ou préverbaux et pour les enfants avec un QI non verbal plus élevé que le QI verbal.

Pour aller plus loin :

Canadian Journal of Speech-Language Pathology and Audiology
Sur les effets collatéraux de l’enseignement du PECS sur le développement du langage chez les enfants autistes, Automne 2012. Lire le document.

Une étude conclut à l’efficacité de la méthode PECS - 2002
La première étude empirique à se pencher sur la méthode PECS, 2002. Lire le document.

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