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Les scénarios sociaux : des outils d'intervention à découvrir

Contact Autisme, printemps 2000, vol. 5, no 2, pp. 13-14.
Par Diane Beaupré, éducatrice, Services Barbara-Rourke, Services communautaires enfance-jeunesse.
* Textes rédigés grâce aux conférences données par Ulla Hoff et Paule Mercier de la Ressource régionale d'aide en autisme.

Les scénarios sociaux décrivent des situations sociales qui présentent des difficultés pour les jeunes autistes en faisant ressortir des indices sociaux liés à leur vécu et qui, souvent, proposent des réponses appropriées. Ils visent à fournir de l'information exacte sur les diverses situations de la vie courante.

Plusieurs autistes semblent bénéficier de ce genre d'information écrite, et leurs réactions dans diverses situations sociales s'en trouvent améliorées.

Les objectifs des scénarios sociaux visent à :

  • offrir un soutien dans la compréhension, l'interprétation et la prédiction des situations sociales;
  • offrir un soutien dans la réponse aux situations sociales; 
  • offrir un soutien par une meilleure compréhension de l'entourage.

L'élaboration d'un scénario social consiste à :

  • cibler une situation difficile :
    • observation de la situation;
    • description de la situation :moment, lieu, avec qui, activité;
    • variations possibles de la situation;
  • dresser un profil de notre jeune :
    • connaissances;
    • niveau langagier;
    • niveau d'habiletés sociales;
    • intérêts, forces;
    • particularités;
  • cerner la problématique :
    • émettre une hypothèse;
    • ne jamais oublier qu'il existe deux perceptions valables;
    • identifier les habiletés à développer;
  • cibler l'objectif du scénario.

Aux Services Barbara-Rourke, nous utilisons de plus en plus le scénario social pour expliquer aux jeunes le pourquoi des choses, et pour leur permettre d'apprendre les conventions sociales.

Le scénario est présenté au jeune sous forme d'un livre où apparaît une phrase par page et une information par page. Il peut le lire lui-même ou, s'il ne possède pas la notion de lecture, l'histoire lui est lue chaque jour, jusqu'à ce qu'il ait intégré les nouveaux comportements qui lui sont proposés. Pour quelques jeunes, l'histoire peut être imagée pour soutenir le texte. Avec les jeunes autistes de haut niveau et ceux qui présentent le syndrome d'Asperger, il est intéressant d'écrire le scénario avec eux ou, du moins, qu'ils corrigent la première ébauche qui leur est présentée.

Il est important de comprendre la perception que le jeune autiste a de son propre comportement, d'utiliser un vocabulaire significatif pour lui, d'éviter le mot «toujours»,mais d'utiliser plutôt les mots «parfois» ou «habituellement». Si le scénario social n'a pas atteint le but désiré, ce n'est pas parce que la personne autiste ne comprend pas.

Pour mieux répondre à ses besoins, il faut alors :

  • revoir la situation ciblée;
  • revoir notre façon de lui présenter le scénario;
  • revoir le vocabulaire utilisé.

Voici quelques titres de scénarios rédigés par l'équipe enfance-jeunesse :

  • Parler d'un ton de voix;
  • Je rentre à la maison;
  • La fin des jeux;
  • L'heure;
  • Les animaux de la maison.

... DES SCÉNARIOS

L'auto-contrôle (Ulla Hoff)

Il y a des moments dans la classe où je me sens très stressé et tendu.

À ces moments, j'ai parfois de la difficulté à contrôler mes émotions;je perds le contrôle et je peux dire ou faire des choses que je regrette après.

Cependant, quand je commence à sentir les premiers signes d'un tel malaise, je peux utiliser différentes stratégies pour me calmer.

a- Je peux me concentrer sur ma respiration et faire un effort pour respirer lentement et profondément.

b- Je peux compter dans ma tête jusqu'à 20 ou jusqu'à ce que je me sente plus détendu.

c- Je peux faire un effort pour penser à quelque chose d'agréable ou de drôle.

d- Si ces méthodes ne m'aident pas, je peux m'excuser et sortir de la classe pour me promener quelques minutes dans le corridor ou aller dans une autre classe avec X.

e- Dans cette classe, je peux écrire sur le tableau pour exprimer comment je me sens et ce que je vis.

f- Parfois, je vais avoir besoin de X pour m'aider à décider le moment propice à la sortie de la classe, je vais lui faire confiance et je vais accepter de la suivre lorsqu'elle me fera signe.

g- Quand j'aurai réussi à retrouver le calme et que je me sentirai mieux, je vais me féliciter d'avoir fait des efforts et d'avoir réussi à me contrôler.

Ensuite, je vais retourner à mon travail en classe.

Les erreurs (Jon Kistler, adaptation de Ulla Hoff)

Quand je fais une activité, parfois je ne réussis pas tout de suite.

Si je fais une erreur ce n'est pas grave.

Tout le monde fait des erreurs.

Quand je ne réussis pas, j'essaie de rester calme.

Si je ne réussis pas, je peux recommencer.

Parfois je dois recommencer quelques fois avant de réussir.

C'est comme ça que j'apprends.

C'est comme ça que les autres apprennent aussi.


Commander au restaurant (Paule Mercier)

Habituellement, le jeudi, je vais au restaurant avec ma classe.

Je peux aussi aller au restaurant une autre journée.

Parfois, des personnes sont au comptoir.

Je me place alors derrière eux.

Les autres personnes aussi attendent en file.

Il peut y avoir des personnes devant et derrière moi.

Quand j'attends, je peux penser à la nourriture que je vais demander.

C'est à mon tour de parler quand je suis devant la personne au comptoir.

Habituellement, il me regarde et il me dit :«Bonjour»!

Moi aussi, je lui dis :«Bonjour»!

Je dis ce que je veux en le regardant.

J'attends puis il me dit combien ça coûte.

Je lui donne l'argent.

J'attends car souvent, il me redonne de l'argent.

Je lui dis : «Merci»

Après, je vais attendre à ma table et je pense au numéro qu'il m'a dit.

La nourriture est prête lorsqu'il dit mon numéro.

En allant chercher mon plateau, je me rappelle ce que j'ai commandé.

Lorsque c'est pareil, je sais que c'est mon plateau.

Je peux aussi regarder le numéro sur la facture.

Dans certains restaurants, je choisis à ma table.

Je regarde le menu et je dis ce que je veux au serveur.

Je peux commander au restaurant.

Je suis fière de moi.

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