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La place de l’autisme dans les élections provinciales

COMMUNIQUÉ
POUR PUBLICATION IMMÉDIATE

Montréal, le 27 août 2018 – La Fédération québécoise de l'autisme profite du lancement de la campagne électorale pour interroger les chefs de parti sur leur position et les mesures concrètes qu’ils prévoient en matière de services aux personnes autistes et aux familles. 

Bien qu’il y ait eu des avancées dans la prestation de services au cours des dernières années, les familles et les personnes autistes doivent encore subir de longues périodes d’attente avant d’avoir accès à l'aide dont elles ont besoin. Le plan d’action sur le trouble du spectre de l’autisme (TSA) de mars 2017 tarde à donner les résultats escomptés. Plus de 17 mois après sa sortie et malgré les investissements consentis, nous n’avons constaté aucun changement concret sur le terrain pour les familles et les personnes autistes.

L’autisme touche un nombre croissant de personnes. En effet, en octobre 2017, dans son premier rapport sur la Surveillance du trouble du spectre de l'autisme qui portait sur les enfants et jeunes adultes de 1 à 24 ans, l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) affirmait que le taux de prévalence de l’autisme chez les 4 à 17 ans avoisinait 1,8 % dans certaines régions du Québec, qu’il ne cessait de croître et que rien ne laisse supposer qu’il atteindrait un plateau. Ce même rapport présentait d'autres données alarmantes  : un taux de mortalité 5 fois supérieur chez les autistes de 1 à 24 ans comparativement aux non-autistes, un taux de mortalité par suicide 2 fois plus élevé et une croissance continue du taux de prévalence, pour ne nommer que ceux-là. Or, nous déplorons que le Gouvernement libéral n’ait pas jugé bon ni de le commenter ni de mettre en place des actions pour comprendre et corriger la situation décrite dans ce rapport.

En avril dernier, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a rendu publics les résultats d’une étude systémique sur le respect des droits des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA) et l’organisation des services éducatifs dans le réseau scolaire québécois. L’étude démontre, entre autres, que plusieurs commissions scolaires ne partagent pas les objectifs poursuivis par la Loi sur l’instruction publique et la Politique d’adaptation scolaire, que le taux annuel de sorties sans diplôme ni qualification au secondaire est de 3 à 4 fois plus élevé pour les élèves HDAA que pour les élèves du régulier, et que le déploiement important de programmes éducatifs particuliers (sciences-études, sports-études, etc.) ne tient pas compte des besoins et capacités des élèves HDAA, puisque les critères sélectifs de ces programmes excluent bon nombre d’entre eux.

Cette même étude révèle également que l’évaluation des besoins et des capacités des élèves HDAA, c’est-à-dire l’étape déterminante qui mène à l’obtention des services adaptés aux besoins spécifiques d’un élève, n’est pas appliquée avec rigueur. La CDPDJ arrive à la conclusion que les atteintes au droit à l’égalité pour les élèves HDAA sont toujours présentes. Cette question nous préoccupe au plus haut point puisque dans la catégorie « élèves handicapés », c’est l’autisme qui a connu la hausse la plus importante entre 2001 et 2016, soit une augmentation de 628,4 %. Nos enfants sont donc grandement touchés par les constats de la Commission.

Et enfin, qu’adviendra-t-il des adultes autistes? Depuis un rapport d’enquête du Protecteur du citoyen en 2012 sur la situation des adultes autistes, rien n'a changé, ne serait-ce qu’ils sont devenus plus nombreux. Ce rapport révélait alors que, bien que l’offre de services soit théoriquement disponible, en réalité, elle était peu accessible ou très variable. Malgré ce constat et en dépit des mesures prévues au Plan d'action national sur le TSA, les adultes autistes sont toujours en attente d’une offre de services qui répondent adéquatement à leurs besoins. 

À l’heure où se font des choix cruciaux pour l’avenir, nous souhaitons connaître les intentions des chefs de parti quant à la priorité qui sera accordée aux enjeux soulevés en matière d’autisme pour le bien de l’ensemble des personnes concernées.

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Pour renseignements :​ Lili Plourde
​Fédération québécoise de l’autisme
​418 624-7432  /  direction@autisme.qc.ca

La Fédération québécoise de l’autisme est un regroupement provincial de plus de 70 organismes qui ont en commun les intérêts de la personne autiste et ceux de sa famille et de ses proches.

 

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