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Qui a dit tsunami?

COMMUNIQUÉ

Montréal, le 6 janvier 2014 — Dans une entrevue accordée récemment au journal Le Soleil, Mme Véronique Hivon, ministre déléguée à la Santé et aux Services sociaux, utilise le mot tsunami en parlant de l’augmentation constante des cas d’autisme au Québec. Est-ce que le ministère tiendra enfin compte du taux de prévalence en autisme qui ne cesse de croître et surtout est-ce qu’il agira en conséquence?

Déjà au début des années 2000, la Fédération québécoise de l’autisme tentait d’alerter le ministère quant à l’augmentation constante du nombre de personnes autistes. Nos nombreuses interventions ont tout de même permis la mise en place d’un plan d’action[1] nationale en autisme en 2003. Cependant, les bilans de ce plan n’ont jamais tenu compte de l’augmentation du nombre de personnes touchées.

Dans les dernières années, ce sont cinq rapports[2] qui ont été rédigés sur la situation des personnes autistes et leur famille. Le dernier, celui du Vérificateur général du Québec, a fait des constats non équivoques quant aux lacunes. On y présente un portrait peu reluisant des services actuellement offerts. Et les familles attendent toujours.

En réalité, avec un peu de chance et beaucoup de patience, un enfant d’âge préscolaire obtiendra des services, mais au-delà de l’âge de 5 ans, il y a bien peu à espérer. Le réseau scolaire prendra la relève tant bien que mal, mais après la scolarisation, c’est la famille qui devra se montrer créative. Différentes politiques gouvernementales ont été mises en place dans les dernières années, mais elles ont eu comme effet de déplacer le problème, comme c’est le cas pour le plan d’accès aux services. L’offre de services en autisme pour tous les groupes d’âge n’est toujours pas complétée et le financement ne correspond pas du tout au nombre de personnes diagnostiquées.

Bien que plusieurs facteurs expliquent la hausse du nombre de personnes diagnostiquées, les chiffres sont éloquents : le taux de prévalence est passé de 27 pour 10 000 à 1 sur 100 au cours des dix dernières années.

Il est vrai que depuis 2003 le Québec a investi de façon importe en autisme, qu’une expertise a été développée et qu’une majorité d’enfants de moins de 5 ans ont accès à des services, mais pour des familles aux prises depuis de nombreuses années avec les difficultés que suppose la présence d’un et parfois deux enfants autistes, ça ne suffit pas.

Madame Hivon a raison de dire que l’on ne peut pas changer la situation dans 48 heures, mais nos familles attentent depuis plus de 10 ans.

Ça suffit : passons à l’action maintenant…

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Pour renseignements :
Jo-Ann Lauzon
Fédération québécoise de l’autisme
514 270-7386 / direction@autisme.qc.ca
www.autisme.qc.ca

La Fédération québécoise de l’autisme est un regroupement provincial de plus de 75 organismes qui ont en commun les intérêts de la personne autiste et ceux de sa famille et de ses proches.

[1] Un geste porteur d’avenir. Des services aux personnes présentant un TED, à leur famille et à leurs proches. 2003, MSSS

[2] 2009 Pour une meilleure continuité dans les services, les approches et les rapports humains, Rapport spécial du Protecteur du citoyen sur les services gouvernementaux destinés aux enfants présentant un trouble envahissant du développement
2009 Les services aux personnes présentant un TED, à leur famille et à leurs proches. Bilan de la mise en œuvre 2005-2007
2012 Les services aux jeunes et aux adultes qui présentent un trouble envahissant du développement : de l’engagement gouvernemental à la réalité. Rapport du Protecteur du citoyen.
2012 Bilan 2008-2011 et perspectives. Un geste porteur d’avenir. Rapport Langlais
2013 Rapport du Vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale pour l’année 2013-2014

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