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Communique de la FQA suite au rapport du Protecteur du citoyen - Jeunes et adultes TED -

RAPPORT DU PROTECTEUR DU CITOYEN SUR LES SERVICES AUX JEUNES ET ADULTES TED :
Un portrait juste, mais pas de solution

COMMUNIQUÉ

 
Montréal, le 25 mai 2012 – La Fédération québécoise de l’autisme a pris connaissance du rapport spécial du Protecteur du citoyen portant sur Les services aux jeunes et aux adultes présentant un trouble envahissant du développement : de l’engagement gouvernemental à la réalité. Malgré le portrait réaliste de la situation que trace le Protecteur, la Fédération déplore le fait que l’on doive encore poser une question cruciale pour les familles qui attendent des services depuis plusieurs années : quand auront-elles accès aux services prévus dans le Plan d’action gouvernemental lancé en 2003?

Un portrait connu, confirmé par le Protecteur
C’est sans surprise que la Fédération prend connaissance des constats du Protecteur :
· L’offre théorique de service à cette clientèle existe, mais dans la réalité, cette offre est peu et inégalement accessible, en plus d’être soumise à de longues listes d’attente.
· Le programme de soutien à la famille est jugé obsolète, le plan de service individualisé et intersectoriel n’est pas établi de façon systématique et la coordination en est absente.
· Les établissements qui ont le mandat des services spécialisés abandonnent les responsabilités qu’ils avaient jusqu’alors sans s’assurer au préalable d’une prise en charge des personnes.

Bref, le rapport présente des situations problématiques qui étaient déjà dénoncées depuis de nombreuses années par les représentants des familles. En ce sens, la Fédération québécoise de l’autisme ne peut que saluer le travail de l’équipe du Protecteur pour ce portrait qui reflète malheureusement trop bien la réalité, même si, à certains égards, le rapport nous apparaît réducteur. Par exemple, le soutien scolaire aux adolescents semble se résumer à la gestion de crise, à l’éducation sexuelle et à la prévention de l’intimidation. Ce sont des thèmes importants bien entendu, mais qu’en est-il du soutien pour accéder à un programme éducatif adapté, pour participer à des activités parascolaires, pour l’accompagnement dans un choix de carrière, etc.? À aucun moment il n’est question non plus des études postsecondaires. Pourtant, de nombreux jeunes sont privés d’une aide qui pourrait leur permettre de poursuivre leurs études avec un minimum de soutien.

Une enquête sérieuse qui commande des actions immédiates
La Fédération tient à saluer la qualité de l’enquête du Protecteur du citoyen : le portrait tracéreflète une réalité vécue par une majorité de nos familles. Cette enquête a été amorcée il y a trois ans, trois ans de détresse pour plusieurs familles qui avaient porté plainte auprès du Protecteur et qui espéraient des solutions pour les aider à passer au travers de leur situation. Nous avons accompagné et encouragé plusieurs familles à porter plainte parce que nous espérions avec elles que des solutions soient apportées. Trois ans plus tard, nous avons l’impression que nos attentes étaient peut-être trop élevées : mais que dire à nos familles maintenant, alors que les recommandations sont de l’ordre de plans, de bilans à produire, de révision de programmes gouvernementaux. Dans son rapport, le Protecteur recommande fortement aux ministères concernés de travailler en étroite collaboration, de partager leur expertise, de préciser leurs rôles et responsabilités. La même chose était pourtant recommandée en 2009 dans le rapport consacré aux enfants TED de 0-7 ans. Il semble donc que rien n’ait changé puisque ce sont les mêmes ministères et les mêmes établissements qui travaillent avec les adolescents et les adultes.
Pire, le nouvel échéancier repousse la réalisation de plusieurs recommandations à 2018. Pourtant, en 2003, le plan d’action du ministère de la Santé et des Services sociaux précisait déjà les responsabilités et demandait que soient établis des partenariats pour assurer des services de qualité aux personnes autistes. Comment accepter que l’échéance d’un plan d’action, qui était pourtant attendu depuis plus de 20 ans au moment de son lancement, soit encore reportée?

La Fédération québécoise de l’autisme se fait le porte-parole de ses 16 associations régionales et des milliers de parents qu’elles représentent pour réclamer des mesures concrètes dès maintenant. Le plan d’action gouvernemental a une offre de services théorique acceptable, définie depuis bientôt 10 ans, qu’il importe de mettre en pratique sans tarder. Les familles ne peuvent plus accepter les éternelles tergiversations et remises à plus tard. C’est maintenant qu’il faut agir, question d’équité et d’accessibilité à des services qui vont permettre aux familles d’accéder à une meilleure qualité de vie et à leurs enfants d’acquérir les habiletés et les connaissances qui feront d’eux des citoyens actifs dans la société.

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Pour renseignements : Jo-Ann Lauzon
Fédération québécoise de l’autisme
514 270-7386 / fqa@contact.net
www.autisme.qc.ca

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