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La vaccination: une question troublante

Société québécoise de l'autisme
Septembre 2000

  1. Principaux constituants des vaccins
  2. Origine du débat
  3. Les principaux arguments au coeur du débat
  4. Présentation de quelques résultats d'études sur le RRO
  5. Principes de bases et conclusions

En sol nord-américain, la plupart des enfants sont automatiquement vaccinés, dès leur naissance, à plusieurs reprises. Sans remettre en question le bien-fondé général de la vaccination, on peut observer que son protocole d'administration actuel, depuis plusieurs années, fait l'objet de controverses. D'éminents spécialistes n'y voient que des avantages mais d'autres, tout aussi respectables, les soupçonnent en revanche d'engendrer une foule de problèmes, et notamment l'autisme : les programmes de vaccination massive leur font donc appréhender de lourdes conséquences.

L'implication possible des vaccins comme élément déclencheur de certains cas d'autisme est une question préoccupante; elle l'est d'autant plus que le nombre d'enfants atteints semble augmenter. À titre d'exemple, les autorités californiennes ont récemment avoué une augmentation de 173 % sur leur territoire, seulement pour la dernière décennie. Devant la menace épidémique, la communauté scientifique se questionne donc de plus en plus sur l'étiologie de la maladie, et certaines institutions comptent intensifier la recherche. Comme beaucoup d'autres facteurs, les programmes actuels de vaccination font partie de leurs objets d'enquête, et méritent d'être considérés sous tous les angles. Le but du dossier suivant consiste donc à présenter brièvement l'état actuel des connaissances en la matière et quelques points d'investigation.

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1. Principaux constituants des vaccins

Avant de parler de vaccination, il est bon de décrire certains constituants des vaccins et leurs visées générales.

À la base, certaines préparations sont composées pour combattre plusieurs maladies, alors que d'autres, de type monovalentes, en préviennent une en particulier. Paradoxalement, les composés actifs des vaccins possèdent beaucoup de propriétés de la maladie qu'ils veulent contrer. Ils sont d'ailleurs employés pour entraîner le système immunitaire à reconnaître rapidement les éléments étrangers, et à combattre les maladies éventuelles par la production de différents anticorps.

Souvent, les substances intruses employées pour provoquer une réponse métabolique consistent en des extraits et des toxines prélevés d'organismes étrangers (généralement de virus). Ceux-ci sont parfois morts, mais il peut aussi s'agir de souches atténuées de la maladie. En dépit de leur origine bactérienne ou virale, il faut savoir que la faiblesse de ces substances les rend généralement inoffensives. En fait, chez un humain possédant un système immunitaire efficient, de telles intrusions se déroulent sans encombres.

Néanmoins, les vaccins comportent d'autres substances susceptibles d'engendrer des problèmes chez des individus plus sensibles. Parmi elles, citons les antibiotiques, le formaldéhyde, les sels d'aluminium, des préservatifs à base de mercure, etc. Virtuellement, les résidus d'origine animale que les préparations contiennent parfois pourraient également présenter certains risques d'atteinte au niveau du système nerveux.

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2. Origine du débat

En Amérique du Nord, comme on le sait, il existe un programme de vaccination massive bien implanté depuis le début des années 70 : dès la naissance, les bébés sont souvent vaccinés contre l'hépatite, puis, quelques mois plus tard, contre des infections multiples.

L'interrogation à l'endroit de la vaccination à large échelle ne date pas d'hier. Depuis plus de vingt ans, on questionne ses risques potentiels; des interventions récentes ont par ailleurs avivé ce débat, où l'autisme a été cité de plus en plus souvent. En mars 1998, une étude publiée par le Dr Andrew Wakefield a même suggéré l'existence d'un lien entre le vaccin RRO, une maladie inflammatoire des intestins et l'autisme.

En réaction, les autorités officielles et plusieurs membres du corps médical protestèrent aussitôt en déclarant que les programmes de vaccination avaient sauvé des millions de vies, et que les réactions clairement subséquentes, à ce jour, demeuraient rares. La plupart du temps, mentionnons qu'il est toutefois difficile de prouver que les désordres observés chez certains enfants sont imputables aux vaccins, puisque ces conséquences ne suivent pas immédiatement l'inoculation.

Un exemple frappant de cette difficulté est celui du vaccin utilisé contre les oreillons : avant 1992, il incluait habituellement une forme atténuée du virus, de souche Urabe. Or, il appert que cette substance pouvait provoquer des cas de méningites, mais la maladie ne se manifestait que plusieurs jours, voire plusieurs semaines après l'administration du vaccin. Ce délai a quelque peu brouillé les pistes. Par ailleurs, la formule a été changée depuis, un peu partout dans le monde de même qu'au Canada.

Au pays, la position sur les protocoles actuels de vaccination demeure encore conservatrice. Quelques autres instances politiques de la planète remettent toutefois les leurs en question : les autorités officielles du Japon, par exemple, ont interdit que certains vaccins soient administrés aux enfants de moins de deux ans. Les dirigeants estimaient que certaines composantes pouvaient être à la base d'un taux anormal de morts subites chez les nourrissons; à la suite de cette législation, l'incidence de tels décès s'est effectivement raréfiée.

Ainsi, quoi qu'on en dise, le bien-fondé des vaccins administrés à un très jeune âge est fréquemment remis en cause; la prochaine partie passera en revue quelques-uns des arguments relatifs à la question.

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3. Les principaux arguments au coeur du débat

Généralement, les opposants à la vaccination à grande échelle allèguent que les maladies contre lesquelles les enfants sont immunisés étaient déjà en voie de disparition avant l'administration des vaccins. Ils soutiennent aussi que quelques-unes des maladies visées par les vaccins sont relativement bénignes, et que certains enfants les ont d'ailleurs contractées malgré cette protection.

De manière globale, le manque d'études sur les effets à long terme de certains vaccins et la toxicité de plusieurs substances contenues dans les préparations les incitent à proclamer la nécessité de repenser les protocoles de vaccination. Les politiques de vaccination massive peuvent entraver le processus naturel d'immunisation de certains enfants; les défenses contre les agents pathogènes sont graduellement affaiblies, avec des conséquences pour les générations actuelles et futures. D'autre part, on rappelle que les faiblesses immunitaires de certains parents (allergies, etc.) sont transmises à leurs enfants et rendent sans doute ces derniers encore plus vulnérables aux vaccins.

En fait, chaque inoculation implique que le système immunitaire de l'enfant doit défier des virus et des bactéries, et ce, autant de fois qu'il y a de maladies à prévenir. Il est donc plausible qu'un enfant avec un système immunitaire affaibli, pour quelque raison que ce soit, soit très vulnérable. Cela semble encore plus inquiétant lorsque l'on songe que plusieurs vaccins sont administrés dans une courte période, ce qui alourdit la tâche de l'organisme.

Les défenseurs des programmes de vaccination actuels affirment, de leur côté, que les conséquences néfastes attribuées aux vaccins ont été exagérées hors de toutes proportions. Ils soutiennent notamment que des maladies comme la polio et la coqueluche seraient de retour s'il n'y avait pas eu de vaccination à grande échelle; le British Medical Journal fait d'ailleurs état d'une virulente épidémie de coqueluche entre 1977 et 1979, qui concorderait avec un déclin de la vaccination correspondante.

Dans le même ordre d'idées, en 1994, une étude conduite par James Gale et ses collègues a conclu que les enfants ayant reçu le vaccin contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos ne risquaient pas plus que les autres de développer une maladie neurologique dans les jours suivants. Ces chercheurs ont toutefois admis que le risque de subir une encéphalite ou des crises d'épilepsie compliquées était légèrement plus élevé qu'ils ne le croyaient au départ.

Devant les arguments amenés par les deux parties, on peut encore se questionner sur l'issue éventuelle du débat. Néanmoins, la réévaluation des programmes actuels préoccupe de plus en plus les spécialistes du monde entier, et surtout des États-Unis : l'âge des premiers vaccins y est particulièrement précoce; d'autre part, en 1995, le Centre de contrôle épidémiologique américain a même suggéré d'inoculer les vaccins à des enfants encore plus jeunes...

L'écart considérable entre les différentes positions et leurs conséquences respectives rendent donc l'intensification des recherches plus que souhaitable.

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4. Présentation de quelques résultats d'études sur le RRO

Depuis les premiers travaux du Dr Wakefield, il existe un nombre sans cesse croissant d'études conduites pour montrer le lien possible entre l'autisme et le fait d'avoir reçu certains vaccins, particulièrement à un âge précoce.

Figurant au banc des accusés, le vaccin RRO attire particulièrement l'attention à différents niveaux, d'abord, en raison de ses différents constituants, mais aussi à cause de leur action combinée. Les rapports sur le lien entre l'autisme et les programmes de vaccination se sont d'ailleurs multipliés après l'introduction des vaccins composés, en 1988. Les problèmes relatés s'étendent toutefois à d'autres affections et impliquent aussi des vaccins monovalents.

À titre d'exemple, certains chercheurs (dont le Dr Harris Coulter), se basant sur les graves effets du vaccin contre la coqueluche sur les animaux de laboratoire, avancent que ce même vaccin, tout comme ceux contre la diphtérie et le tétanos, peuvent mener à des encéphalites allergènes subcliniques. À leur tour, ces encéphalites pourraient éventuellement faire émerger l'autisme ou d'autres désordres neurologiques.

D'autres chercheurs suggèrent pour leur part qu'il existe un lien entre les vaccins contre la rougeole et une forme d'encéphalite reconnue en 1998 par le Dr Weibel et d'autres pédiatres (données du Journal of Clinical Pharmacology and Pathology rapportées par Paul Shattock, 1998).

À plusieurs reprises, le vaccin contre la rougeole a été associé à l'augmentation de la maladie de Crohn observée dans les dernières années; notons au passage que la prévalence de cette affection intestinale est cinq fois plus courante chez les jeunes adultes depuis les années 70. Une étude conclut par ailleurs que les enfants qui ont contracté la rougeole et les oreillons au cours de la même année courent au moins quatre fois plus de risques de développer cette maladie que les autres, et sept fois plus dans le cas de la colite ulcéreuse.

Une thèse bien connue suggère d'autre part que certains problèmes gastro-intestinaux agiraient à titre d'élément déclencheur dans plusieurs cas d'autisme : des études sont donc en cours afin d'identifier des traces éventuelles du vaccin contre la rougeole dans les parois intestinales des autistes. La présence de ces particules accroîtrait la perméabilité de ces parois, et laisserait vraisemblablement passer des peptides dans le sang. Certains cas d'autisme pourraient alors s'expliquer par les dommages neurologiques engendrés par l'arrivée de ces peptides dans le système nerveux central. On ajoutera d'ailleurs que la découverte de peptides alimentaires dans l'urine de plusieurs enfants autistes (faite entre autres par le Dr Paul Shattock il y a déjà quelques années) renforce passablement cette hypothèse.

Comme on peut le remarquer, les recherches mentionnent souvent le virus de la rougeole. Ce dernier présente un certain stress pour le système immunitaire, mais sa combinaison avec les autres constituants du RRO est peut-être davantage nocive. En 1994, la composante "oreillons" du vaccin, parfois associée à la méningite, a même déjà été écartée du mélange RRO en raison des soupçons qui pesaient à son endroit (Paul Shattock, 1998).

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5. Principes de bases et conclusions

À l'heure actuelle, il faut savoir que le débat sur la vaccination paraît souvent biaisé. Quelques auteurs adoptent un point de vue apparemment intransigeant contre les vaccins tandis que certains milieux médicaux refusent obstinément d'envisager l'existence même d'un problème. Pour leur part, plusieurs parents se disent convaincus que leurs enfants ont changé très vite après la mise en oeuvre d'un programme d'immunisation.

On peut donc présumer qu'une revue complète de l'efficacité et de la sécurité des produits couramment utilisés s'impose, de même que celle des modalités d'administration. Certaines considérations préventives devraient aussi être mises en pratique :

  • Avec l'accord de leur médecin, les femmes enceintes et celles qui allaitent pourraient, en plus de surveiller leur alimentation, prendre à l'occasion certains suppléments vitaminiques. Cela aurait pour effet de renforcer leur système immunitaire et, du coup, celui de leur enfant.
  • Avant d'être vacciné, l'enfant pourrait par ailleurs bénéficier lui aussi de suppléments nutritionnels. La vitamine C, par exemple, a depuis longtemps la réputation méritée de renforcer le système immunitaire. Les vaccins administrés par la suite seraient donc confrontés à un système de défense plus puissant et la personne pourrait alors profiter davantage de leurs effets préventifs.
  • L'histoire médicale de la famille devrait être prise en considération avant l'inoculation du vaccin RRO. Rappelons que les enfants courent davantage de risques lorsque leurs parents immédiats avaient ou ont un système immunitaire déficient (présence d'allergies, maladie de Crohn, diabète insulino-dépendant, etc.). Dans de tels cas, un examen complet de son système immunitaire devrait alors être effectué à titre préventif.
  • À un autre niveau, les spécialistes et les parents doivent évaluer ensemble la gravité de la maladie qu'ils souhaitent prévenir par le vaccin, et tenter de prévoir les conséquences relatives à chaque option : en tenant compte de l'âge de l'enfant et de l'état de son système immunitaire, les risques encourus par un vaccin particulier sont-ils plus importants que ceux de la (des) maladie(s) que l'on souhaite éviter?
  • Lorsqu'il s'agit d'un jeune enfant, on peut également se demander si l'inoculation du vaccin ne pourrait pas être retardée, et questionner de ce fait la nécessité qu'il soit administré à un tel âge.

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