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Relance de la controverse sur un lien possible entre rougeole et autisme

Agence France-Presse
Londres

1 mars 2002 - Une nouvelle étude a relancé jeudi en Grande-Bretagne la controverse sur un lien possible entre l'injection conjointe des vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) et l'autisme chez certains enfants.

Les travaux menés par le centre de recherche sur l'autisme de l'université de Sunderland (nord-est de l'Angleterre) laissent penser que 10% des cas d'autisme étudiés auraient été déclenchés par le ROR.

Cette nouvelle étude est fondée sur un questionnaire de huit pages, distribué aux parents de 4.000 enfants autistes, et sur des analyses d'urine qui ont révélé chez les enfants vaccinés des taux différents d'une molécule particulière.

Les éléments sont "solides", même si l'étude, qui n'a pas été publiée, n'est "pas absolument concluante", a déclaré le directeur du centre de recherche Paul Shattock sur la BBC.

Une autre étude, menée par le Dr Arthur Krigsman, chercheur à l'Ecole de médecine de l'Université de New York, présentée récemment devant une commission du Congrès américain, avait observé l'apparition de comportements autistes, associés à des désordres intestinaux, chez 43 enfants américains peu après qu'ils eurent reçu une injection du ROR.

Les deux études n'ont pas encore été publiées dans leur intégralité et les chercheurs britanniques et américains insistent de concert sur la nécessité de procéder à des travaux supplémentaires avant d'établir avec certitude le lien entre l'injection conjointe des trois vaccins en question et l'autisme.

Le ministère britannique de la Santé a fait valoir jeudi que les travaux de l'université de Sunderland n'avaient pas encore été soumis à l'examen des autres chercheurs.

Faisant remarquer qu'une étude, la plus élaborée à ce jour, publiée récemment dans le British Medical Journal, n'avait pas relevé de liens entre le ROR et l'autisme, le ministère a rappelé qu'il continuait de recommander la triple vaccination.

Les cas d'autisme sont en recrudescence en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis depuis dix ans. Un enfant sur 250 serait atteint d'autisme aux Etats-Unis contre un sur 10.000 il y a dix ans, selon l'Institut national de la Santé américain.

Un enfant sur 86 scolarisés dans le primaire en Grande-Bretagne pourrait également développer un tel syndrome, selon une étude récente de la Société nationale des autistes en Grande-Bretagne.

Une étude, menée cette année par des scientifiques irlandais, avait déjà procédé à des analyses sur des échantillons d'intestins, confirmant ainsi le doute qui pèse sur l'innocuité du triple vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) depuis les travaux en 1998 d'un médecin du Royal Free Hospital de Londres, Andrew Wakefield.

Les analyses, dirigées par le Pr O'Leary, du Trinity College à Dublin, avaient montré en février 2002 que le virus de la rougeole était présent dans 83% des échantillons provenant d'enfants atteints d'autisme ou de maladies des intestins, contre 7% seulement de ceux provenant d'enfants sains.

Les trois vaccins administrés en même temps pourraient, selon les scientifiques, jouer le rôle de "détonateur immunologique". En surchargeant le système immunitaire des enfants, le ROR provoquerait ainsi des effets secondaires.

Ces incertitudes ont provoqué une diminution importante des vaccinations en Grande-Bretagne et les autorités sanitaires britanniques craignent une recrudescence des cas de rougeole, une maladie infantile dont les complications, rares, peuvent être très graves.

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