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Les parents inquiets d'un possible lien entre rougeole et autisme

Par Catherine FAY DE LESTRAC
6 février 2002

LONDRES (AFP) - De plus en plus de parents britanniques refusent de faire vacciner leurs enfants contre la rougeole, une nouvelle étude ayant décelé un lien entre ce virus et l'autisme, faisant craindre aux autorités une recrudescence de la maladie infantile.
Le pourcentage d'enfants vaccinés est tombé à 65% à Londres, bien loin de l'objectif gouvernemental de 95% requis pour éradiquer la maladie.

Une étude réalisée par des scientifiques irlandais, qui doit être publiée en avril dans la revue "Molecular Pathology", a découvert un lien possible entre le virus de la rougeole et des formes d'autisme et de désordres intestinaux.

L'étude s'est efforcée de déceler le virus dans des échantillons d'intestins. Le virus était présent dans 83% des échantillons provenant d'enfants souffrant d'autisme ou de maladies des intestins. Et dans seulement 7% de ceux provenant d'enfants qui n'avaient pas ces problèmes.

L'équipe de chercheurs, dirigée par le professeur John O'Leary, en a tiré la conclusion que les injections du vaccin conjoint contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), pratiquées actuellement, pouvaient jouer le rôle de "détonateur immunologique".
L'étude n'était pas destinée à étudier les effets du vaccin et aucune conclusion définitive ne peut en être tirée mais elle "pose beaucoup de questions", a indiqué le Pr O'Leary, un spécialiste reconnu qui exerce au Coombe women's hospital de Dublin.

Cette étude vient confirmer des études précédentes et ajouter à la controverse qui entoure le vaccin: certains scientifiques et parents craignant que les trois vaccins administrés dans une même injection ne surchargent le système immunitaire des enfants, provoquant des effets secondaires. Toutefois, d'autres études, réalisées en Grande-Bretagne et à l'étranger, sont parvenues à des conclusions différentes.

Ces incertitudes sont à l'origine de la diminution spectaculaire du nombre de vaccinations en Grande-Bretagne, qui serait à l'origine, selon les autorités sanitaires, d'une possible recrudescence de la maladie infantile.

Le pourcentage d'enfants vaccinés, de 84,2% au niveau national, est même tombé à 65% à Londres, bien loin de l'objectif gouvernemental de 95% requis pour éradiquer cette maladie qui peut entraîner, dans des cas rares, des complications graves.
Le pourcentage réel pourrait même être inférieur, car des cabinets médicaux refusent d'enregistrer parmi leurs patients les enfants non vaccinés pour ne pas faire chuter leurs statistiques.

Si les médecins n'atteignent pas les objectifs de vaccination fixés par le gouvernement, ils perdent des primes qui peuvent se chiffrer en milliers de livres.
Trois cas de rougeole ont été confirmés la semaine dernière à Londres, où 22 autres cas suspects ont été enregistrés.

"L'alarmisme, car il s'agit bien d'alarmisme à propos de ce vaccin, est nocif", a déclaré mercredi le Premier ministre Tony Blair aux Communes. "Souvent, un tel alarmisme ne porte pas à conséquence, a-t-il ajouté. Mais dans ce cas précis, les conséquences sont évidentes".

M. Blair a appelé les parents qui avaient encore des doutes à étudier de près "toutes les données" disponibles en la matière.

L'opposition conservatrice a demandé mercredi au gouvernement d'autoriser l'administration des vaccins dans des injections séparées, pour rassurer les parents qui, plutôt que de pratiquer l'injection du triple vaccin, préfèrent ne pas vacciner du tout.
Les autorités sanitaires ont nié les accusations selon lesquelles elles refusent les injections séparées pour des raisons financières. Downing Street a ainsi démenti que le Premier ministre Tony Blair ait demandé d'étudier les implications financières qu'aurait l'administration de trois injections séparées pour les trois maladies, au lieu du ROR.
"La position du Premier ministre et du gouvernement restent absolument sans équivoque: le vaccin ROR est supérieur aux vaccins séparés", a déclaré un porte-parole de Downing Street.

Tony Blair a toujours refusé de révéler s'il avait fait vacciner son plus jeune fils, Leo, arguant du respect de sa vie privée.

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