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L’état actuel de la science. Un témoignage du Dr Andrew Wakefield

Source : Schafer Autism Report, 21 juin 2002.

Traduction et adaptation : équipe Internet de la FQA

Le lien entre le vaccin rougeole-rubéole-oreillons (RRO), l’autisme et l’inflammation intestinale a été suggéré pour la première fois par mon groupe de recherche du Royal Free Medical School dans un article publié dans le Lancet en 1998. En collaboration avec le professeur John O’Leary et le Dr Simon Murch du Royal Free Hospital, cette même équipe de recherche a depuis démontré, dans une série ensemble de huit articles scientifiques révisés par des pairs, que les principales conclusions de notre étude originale étaient justes. On retrouve une liste de ces articles en appendice.

La recherche effectuée par notre équipe avec l’aide de collaborateurs et celle de médecins et scientifiques indépendants des États-Unis ont confirmé les faits suivants :

  • les enfants atteints d’autisme régressif et de symptômes intestinaux présentent une maladie inflammatoire de l’intestin nouvelle qui possèdent des caractéristiques propres ;
  • on ne retrouve pas cette maladie dans le groupe-contrôle d’enfants normaux (92-4) ;
  • cette maladie est entièrement reliée à une cause virale (5-8) ; 
  • cette maladie peut être la source de dommages toxiques au cerveau (9) ; 
  • le virus de la rougeole a été identifié dans l’intestin malade de la majorité des enfants atteints d’autisme régressif que nous avons étudiés, précisément à l’endroit où on s’attendait le trouver s’il était la cause de la maladie intestinale (5,8) ; 
  • ces enfants, qui présentent ce même profil d’autisme régressif et d’inflammation intestinale, proviennent de plusieurs pays dont les États-Unis et l’Irlande. C’est dans ces pays qu’ils ont passé des examens et qu’ils ont subi des biopsies en toute indépendance ; 
  • le virus de la rougeole a été découvert seulement chez une petite minorité d’enfants au développement normal (5) ;
  • le virus de la rougeole retrouvé dans l’intestin malade des enfants autistes provient du vaccin (11) ; 
  • les enfants atteints d’autisme régressif semblent présenter une réponse immunitaire anormale au virus de la rougeole (1a,2a) ; 
  • ces conclusions correspondent entièrement avec les observations des parents, selon lesquelles leur enfant au développement jusqu’alors normal a régressé vers l’autisme suite à l’exposition au vaccin RRO (1,11).

Confirmation des conclusions

Aux États-Unis, d’autres chercheurs ont confirmé la présence d’inflammation intestinale chez les enfants atteints d’autisme régressif (3a). Le lien avec le virus de la rougeole chez les enfants ayant reçu le vaccin RRO a lui aussi été confirmé de façon indépendante (12,13).

Séquençage du virus de la rougeole

De façon plus significative encore, une étude qui sera présentée au début du mois de juillet à Dublin, à la Pathological Society of Great Britain and Ireland, a confirmé la présence du virus de la rougeole dans les tissus intestinaux malades des enfants atteints d’autisme régressif.

Les chercheurs de Dublin, avec à leur tête le Dr John O’Leary, professeur de pathologie au Trinity College Dublin, ont examiné du matériel génétique viral provenant de biopsies intestinales effectuées sur 12 enfants souffrant de maladies gastro-intestinales et d’un trouble du spectre autistique. Ce matériel génétique viral a déjà été identifié comme la rougeole dans une étude publiée en janvier dans Molecular Pathology. En utilisant des techniques de chimie moléculaire de pointe, les échantillons prélevés chez ces 12 enfants ont pu être reliés à une souche du virus de la rougeole provenant du vaccin. La recherche se poursuit. Ces données constituent une preuve maîtresse dans l’examen de la relation entre le vaccin RRO et l’autisme régressif.

La « restimulation » et les effets de la variation de la concentration biologique sur les vaccins RRO/rougeole-rubéole

Une autre preuve clé provient de l’étude des nouvelles stimulations (« re-challenge ») et des effets de la variation de la concentration (gradient) biologique sur de possibles conséquences néfastes des vaccins.

La « restimulation » est une réexposition d’un individu à un agent (par exemple un vaccin) qui provoque une réaction néfaste similaire à celle provoquée par l’exposition initiale. La réaction secondaire associée à la nouvelle stimulation peut soit reproduire les effets associés à la stimulation initiale, soit amener une détérioration de la condition provoquée ou induite par la première exposition.

Au cours de cette étude clinique, nous avons observé que certains enfants ayant reçu une un rappel du vaccin RRO, ou un rappel de vaccin combiné rougeole-rubéole, ont connu une détérioration de leurs symptômes physiques et/ou comportementaux à la suite à cette réexposition. Dans un rapport daté du mois d’avril 2001, le Vaccine Safety Committee du US Institute of Medicine (IOM) affirme que, si l’on considère que le vaccin RRO pourrait être une cause possible du syndrome de l’autisme, « des effets similaires d’une exposition à une dose puis à une autre dose constituerait une preuve importante d’un lien.

Lors d’effets secondaires défavorables aux vaccins, le gradient biologique réfère à une augmentation de la sévérité ou du risque de développer une maladie particulière. Une maladie de l’intestin plus sévère chez les enfants atteints d’autisme régressif ayant reçu plus d’un vaccin RRO/rougeole-rubéole en est un exemple.

Nous avons entrepris une évaluation systématique de la « restimulation » et des effets du gradient biologique sur les enfants atteints d’autisme régressif qui ont été suivis au Royal Free Hospital.

Des enfants exposés, atteints d’autisme régressif après un développement précoce normal, qui avaient reçu plus d’un vaccin RRO/RR, ont été comparés avec des enfants non exposés, d’âge et de sexe correspondant, atteints d’autisme régressif et aux caractéristiques semblables au groupe exposé, mais n’ayant reçu qu’un seul vaccin RRO.

La régression secondaire du développement et du comportement ainsi que la détérioration physique ont été comparées. On a également examiné à l’aveugle les résultats des analyses endoscopiques et microscopiques sur la sévérité de la maladie. Nous avons conclu, après une analyse préliminaire, que les résultats des enfants exposés étaient significativement plus élevés que ceux des enfants non exposés pour :

  • la régression secondaire. Nous nous sommes basés sur des analyses effectuées à différents niveaux, qui tiennent compte notamment du vécu parental.
    • Nous avons exclu ceux chez qui la régression secondaire s’est produite après la publication en 1998 d’un premier lien possible entre l’autisme et le vaccin RRO et, 
    • nous avons considéré seulement ceux chez qui des preuves qui confirment de façon indépendante la régression secondaire ont été obtenues à partir de fichiers ou de bases de données ;
  • les symptômes physiques secondaires ;
  • la présence d’hyperplasie iléale lymphoïde sévère ;
  • la présence et la gravité d’une inflammation aiguë des muqueuses.

Toutes les mesures effectuées montraient une plus grande gravité des atteintes chez les enfants exposés que chez les non exposés.

Ces données identifient l’effet « restimulation » sur les symptômes et l’effet gradient biologique sur la gravité de l’inflammation intestinale. Ces deux effets fournissent une preuve d’association causale entre le vaccin RRO et l’autisme régressif chez ces enfants.

J’ai demandé à plusieurs reprises de rencontrer Sir Liam Donaldson, fonctionnaire médical en chef britannique. Celui-ci a refusé et a plutôt demandé que nous lui envoyions les prélèvements faits sur les enfants. Il n’a cependant fourni aucune indication, en termes de protocole scientifique, sur la façon dont il analyserait ces échantillons et, à ma connaissance, il ne possède aucune approbation éthique pour les analyser. Il serait peut-être rassuré de savoir que des analyses indépendantes sont actuellement menées et que, dans le cadre du litige en cours au Royaume-Uni, les défendeurs ont reçu des échantillons identiques pour des analyses indépendantes.

Un rapport publié récemment dans le journal Clinical Evidence publicise une « nouvelle recherche » qui réfute tout lien entre l’autisme et le vaccin RRO. Les auteurs ont particulièrement exclu les études cliniques sur la maladie de l’intestin, les troubles immunitaires et d’autres articles sur l’autisme qui pourraient indiquer une cause virale. Ils ne citent aucune de nos publications si ce n’est l’étude initiale de 12 enfants en 1998. En fait, l’article du Clinical Evidence n’est rien d’autre qu’une revue des études épidémiologiques, incluant l’étude Davis qui sera critiquée lors de cette audience et qui a déjà été rejetée par un rapport indépendant commandée par l’The Institute of Medicine (IOM) américain.

Appendice

Publications principales du groupe Wakefield/O’Leary
1. Wakefield AJ, Murch SH, Anthony A, Linnell J, Casson DM, Malik M, et al. Ileal LNH, non-specific colitis and pervasive developmental disorder in children. Lancet 1997; 351: 637-641.
2. Wakefield AJ, Anthony A, Murch SH, Thomson M, Montgomery SM, Davies S, et al. Enterocolitis in children with developmental disorder. American Journal of Gastroenterology 2000; 95:2285-2295.
3. Furlano RI, Anthony A, Day R, Brown A, McGavery L, Thomson MA, et al. Colonic CD8 and γδ T cell infiltration with epithelial damage in children with autism. Journal of Pediatrics 2001;138:366-372
4. Torrente F, Machado N, Ashwood P, et al. Enteropathy with T cell infiltration and epithelial IgG deposition in autism. Molecular Psychiatry 2002;7:375-382.
5. Uhlmann V., Martin CM., Shiels O., Pilkington L., Silva I., Lillalea A. Murch SH., Wakefield AJ., O’Leary JJ. Potential viral pathogenic mechanism for new variant inflammatory bowel disease. Molecular Pathology. 2002;55:1-6.
6. Kawashima H., Takayuki M., Kashiwagi Y., Takekuma K., Hoshika A., Wakefield AJ. Detection and sequencing of measles virus from peripheral blood mononuclear cells from patients with inflammatory bowel disease and autism. Digestive Diseases and Sciences. 2000;45:723-729.
7. Wakefield AJ and Montgomery SM. Measles, mumps, rubella vaccine: through a glass, darkly. Adverse Drug Reactions & Toxicological Reviews 2000;19:265-283.
8. Wakefield AJ and Montgomery SM. Autism, viral infection and measles mumps rubella vaccination. Israeli Medical Association Journal 1999;1:183-187.
9. Wakefield AJ, Puleston J., Montgomery SM., Anthony A., O’Leary JJ., Murch SH. Review article: the concept of entero-colonic encephalopathy, autism and opioid receptor ligands. Alimentary Pharmacology and Therapeutics 2002; 16: 663-674.
10. Shiels O., Smyth P., Martin C., O’Leary JJ. Development of an allelic discrimination type assay to differentiate between strain origins of measles virus detected in intestinal tissue of children with ileocolonic lymphonodular hyperplasia and concomitant developmental disorder. Pathological Society of Great Britain and Ireland. Journal of Pathology. 2002 .A20.
11. Wakefield AJ, Anthony A. Clinical characteristics of children with autism and entero-colitis comparing recipients of one and more than one measles-containing vaccine (submitted).

Publications d’autres auteurs
1. a. Singh V., Lin S., Yang V. Serological association of measles virus and human herpesvirus-6 with brain autoantibodies in autism. Clinical Immunology and Immunopathology. 1998:89;105-108.
2. a. Singh VK. Neuro-immunopathogenesis in Autism. 2001. New Foundations of Biology. Berczi I & Gorczynski RM (eds) Elsevier Science B.V. pp447-458.
3. a. Horvath K, Papadimitriou JC, Rabsztyn A, Drachenberg C, Tildon JT. Gastrointestinal abnormalities in children with autism. Journal of Pediatrics 1999; 135: 559-563.

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