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Le docteur Spitzer demande un débat public

[La controverse Wakefield a suscité une couverture médiatique inhabituelle* au cours du mois de février 2003. Nous avons choisi de vous livrer ici une réaction qui fait percevoir la nécessité de poursuivre la recherche sur le vaccin RRO.]

5 mai 2003 - Au cours des récents jours, La Presse a publié des points de vue fort arrêtés concernant une relation possible entre le triple vaccin rougeole-rubéole-oreillons et l'incidence de l'autisme. Il a été suggéré par au moins un membre du MSSS du gouvernement du Québec que mes opinions épidémiologiques sont sans preuves ou sans fondement scientifique. Personne ne m'a approché pour solliciter ma perspective sur cette controverse internationale. Il est important qu'un portrait équilibré soit fourni au public et notamment aux parents d'enfants autistes.

Le docteur Yves Robert rejette l'hypothèse que le vaccin RRO puisse être un facteur de risque pour l'autisme, citant à cette fin de récents articles. À mes yeux, l'évidence que nous possédons à ce jour ne permet ni d'impliquer ni d'exonérer le triple vaccin comme élément de la causalité de la maladie. Je suis convaincu que deux études définitives doivent être entreprises ou complétées, l'une épidémiologique et l'autre clinique et en laboratoire. Mon inquiétude a l'esprit ouvert.

Je mets le docteur Robert au défi: je l'invite à un débat public, n'importe où au Québec, n'importe quand à partir du 1er mai 2002. Ma seule condition est que le grand public, et notamment les médias, puissent y assister. Je suggère qu'il soit présidé par un doyen ou ancien doyen d'une faculté de médecine, et qu'il soit coordonné par le docteur Victor Goldbloom, pédiatre, ancien ministre du gouvernement du Québec. Tout conflit d'intérêt doit être déclaré, ainsi que les titres de créance en épidémiologie. Je suggère que le débat ait lieu à l'Université de Montréal.

Si le vaccin RRO est sans danger, confirmons-le une fois pour toutes. Oeuvrant dans le domaine de la santé publique, j'espère ardemment que cette preuve soit obtenue - mais je soumets respectueusement que nous ne pouvons la prendre pour acquise. J'espère que le docteur Robert acceptera le processus transparent que je propose, afin que nos politiques à court et à long terme puissent être fondées sur des données scientifiques valides et compréhensibles et qu'elles soient comprises et acceptées par le grand public.

Walter O. Spitzer, M.D., M.P.H., F.R.C.P.C.
Professeur émérite d'épidémiologie
Université McGill

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