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Présentation de Carole Ladouceur, requérante


Point de presse, le 21 octobre 2002, 10h00

Bonjour,

Je suis la maman d'un petit garçon de bientôt 7 ans. Mon fils est en première année, et va à l'école de notre quartier, la même que sa grande soeur. Ça peut paraître banal, mais pourtant dans son cas, c'est presque un miracle!

On a toujours su, depuis qu'il est bébé, que Marc-Antoine n'était pas comme les autres mais on ne se doutait pas à quel point! Le moindre son pouvait soudainement provoquer chez lui des hurlements, comme si il avait eu mal. D'ailleurs il pleurait et criait presque sans cesse, c'était sa façon de communiquer. Même à l'âge de 3 ans, il ne comprenait pas quand on lui parlait, pourtant il n'était pas sourd, on avait fait un audiogramme qui l'excluait. Sa grande soeur m'a même dit à cette époque: " Maman, Marc-Antoine ne m'aime pas! Il ne joue jamais avec moi, il ne me regarde même pas!" J'ai pas pu le nier, c'était vrai!

À 3 ans, le diagnostic d'autisme est prononcé. Par chance, on a appris qu'il existait une thérapie avec une assise scientifique importante qui pouvait aider beaucoup Marc Antoine, surtout lorsque la méthode est appliquée très jeune et intensivement. Cependant après des dizaines d'appels et de démarches un peu partout dans le réseau , on a dû conclure qu'il était impossible d'obtenir ce traitement dans le réseau public de la santé. Pourtant on ne pouvait pas attendre, c'était maintenant que Marc-Antoine en avait besoin, les études scientifiques étaient là pour le prouver! Alors on a trouvé une psychologue qualifiée et formée dans cette méthode, docteur Donais, on a appris la méthode et engagé des éducatrices. On en a formées plusieurs, et on a supervisé l'application du traitement de Marc-Antoine, souvent seuls. On a dû débourser environ 50,000$ de notre poche pour y arriver mais on a pu lui offrir, au moins en bonne partie, les soins dont il avait besoin. Nous avons été très chanceux !

La semaine passée, la maman de Jean-Michel, un enfant de l'école, a appelé à la maison parce que son fils voulait inviter son AMI Marc-Antoine, mon fils, à sa fête. En ce moment même, Marc-Antoine est assis dans sa classe. Il lit dans son manuel d'Astuce avec les autres enfants du quartier. Il essaie de ne pas aller plus vite que les amis, parce que pour lui la lecture c'est facile. À la récréation par contre ça va se compliquer, il devra parler avec les amis, et comprendre tous les échanges entre les enfants. Il ne comprend pas, encore, que les autres enfants n'aiment pas quand il parle longtemps de son Nintendo et de Super Mario.

Probablement que cette difficulté à la récréation serait beaucoup moindre ou même inexistante si nous avions pu bénéficier rapidement de services adéquats dans le réseau public de la santé. À cause de cela , l'année de ses 3 ans, Marc-Antoine n'a pas reçu le traitement avec l'intensité nécessaire.

Je suis convaincue que chaque année des centaines d'autres enfants atteints d'autisme ou de TED, pourraient eux aussi aller à l'école de leur quartier avec leur frère et soeur, si on leur donnait la chance d'avoir accès à des soins de qualité.

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