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Les vaccins sont-ils sécuritaires?

Par Alice Park

Article paru dans l'édition américaine du Time Magazine du 6 mai 2002
Traduit par l’équipe Internet de la Fédération québécoise de l’autisme

Demandez aux parents d’un enfant autiste s’ils croient que les vaccins peuvent causer l’autisme et la réponse sera probablement oui. Ils ont entendu parler de trop de cas d’enfants parfaitement normaux qui, quelques semaines — sinon quelques jours — après l’administration du vaccin rougeole-rubéole-oreillons (RRO), ont commencé à faire des crises répétées, à perdre leurs habiletés langagières et à régresser de façon générale.

Posez la même question aux médecins et ils vous citeront probablement le panel d’experts rassemblés l’an dernier par l’Institute of Medicine. Ces chercheurs ont étudié les différentes preuves suggérées sans pouvoir justifier la relation possible entre les vaccins et l’autisme. Ils appuient leurs dires notamment les études qui n’ont démontré aucune différence significative dans l’incidence de l’autisme avant et après que l’immunisation au vaccin RRO soit devenue routine en Grande-Bretagne en 1988. « Nous avons pris le passé en considération pour examiner les mécanismes biologiques qui appuieraient l’hypothèse d’un lien », affirme la présidente du panel, le Dr Marie McCormick de la Harvard School of Public Health.

Mais pour les personnes concernées, ne pas réussir à prouver le lien ne signifie pas la même chose que de prouver qu’il n’y a pas de lien. Cette question soulève encore de vigoureux débats. Les seules preuves scientifiques contre la vaccination infantile proviennent du Dr Andrew Wakefield, anciennement du Royal Free Hospital de Londres. Selon la théorie de Wakefield, l’autisme découlerait d’une réaction immunitaire sévère à un constituant du vaccin. En février dernier, il a publié un article qui démontre que les enfants immunisés et atteints d’autisme et de troubles de l’intestin présentent, dans leurs tissus intestinaux, des niveaux plus élevés de particules du virus de la rougeole que les enfants normaux. La preuve n’est cependant pas entièrement convaincante et les particules du virus présentes dans les tissus de ces enfants ne signifient pas nécessairement que ce virus — ou le vaccin — cause l’autisme.

Que dire alors de tous ces enfants chez qui les symptômes sont apparus peu de temps après l’injection de leur vaccin RRO ? L’association pourrait n’être qu’une pure coïncidence. Les injections sont administrées à l’âge de 15 mois, à un moment où les profils de comportement et de la parole de l’enfant deviennent suffisamment marqués pour que les parents puissent déceler une anomalie. La plupart des éléments suggèrent par ailleurs que l’autisme serait principalement un trouble génétique. Certains des symptômes se manifesteraient immédiatement après la naissance mais seraient trop subtiles pour être décelés au cours de la première année de vie.

Pour obtenir des réponses plus définitives à ces questions, les National Institutes of Health et les Centers for Disease Control américains ont lancé chacun leur propre étude. Karyn Seroussi de Poughkeepsie, New York, appuie cette recherche. «Si ce sont les vaccins, je veux le savoir», affirme Seroussi, avocate et mère d’un fils autiste. «Si ce ne sont pas les vaccins, je veux savoir ce qui diable peut bien causer l’autisme!». Sur ce point, les parents et les médecins s’entendent.

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