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L'AISQ intervient dans le débat sur l'intégration en classe régulière

Paru le mardi 15 février 2011 sur Cyberpresse.ca/Le Soleil

La désinformation est allée trop loin!

Puisqu'en moyenne seulement 34% des élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation (EHDAA) (11% pour la déficience intellectuelle) sont inclus à la classe ordinaire, nous sommes loin de partager l'idée que «l'intégration est allée trop loin». Une telle idée nous paraît relever de la désinformation et revient à désavouer les droits conférés par la Loi sur l'instruction publique. Celle-ci est non-équivoque quant à la primauté de l'intégration scolaire qui doit être de nature à faciliter les apprentissages et l'insertion sociale de l'élève et ne doit pas constituer une contrainte excessive ou porter atteinte de façon importante aux droits des autres élèves.

La jurisprudence est également claire à cet effet. Citons seulement l'affaire Joël Potvin. Quelle incohérence que la Commission scolaire, répétant les demandes d'appel aux tribunaux, se refuse encore de payer les coûts relatifs aux adaptations nécessaires et choisisse plutôt de dédier des sommes faramineuses à des procédures judiciaires. Et on veut nous faire croire que l'intégration est allée trop loin? Non! Le manque de jugement dans l'utilisation des fonds publics, lui, est allé trop loin! 

On critique l'inclusion des EHDAA comme si elle était la source de tous les problèmes vécus dans le système de l'éducation. Comme si le retour des classes spéciales allait soulager tous les maux. Une telle idée continue de créer de l'intolérance à l'égard des EHDAA en leur faisant porter le poids d'un système encore imparfait. 

Avant de revendiquer un retour aux classes spéciales, qui créerait un recul sur des droits obtenus après de longues revendications, recadrons le débat. Les enseignants ont besoin d'être soutenus, formés et encadrés par des ressources financières, matérielles et humaines. Ils ont également besoin que le ratio des EHDAA par classe soit diminué afin d'offrir un enseignement de qualité et un climat de travail sain pour tous. Ces revendications nous semblent tout à fait judicieuses et rejoignent notre définition des conditions gagnantes d'une inclusion réussie, dans une logique du droit à l'égalité.

Carole Tardif, présidente (région de Québec) de l'Association pour l'intégration sociale

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