L'évaluation préliminaire

Lorsqu’ils sont sollicités par les parents, les médecins de première ligne doivent procéder à une évaluation préliminaire de l’enfant chez qui un TSA est suspecté.

Pour cela ils procéderont par étapes :

♦ une entrevue détaillée avec les parents (antécédents médicaux de l’enfant et de la famille, stades de développement de l’enfant…) 

TABLEAU 6
REMARQUES SIGNIFICATIVE POUVANT ÊTRE FORMULÉE
PAR LES PARENTS DE TRÈS JEUNES ENFANTS
  • Il ne répond pas à son nom, mais il entend bien parce qu'il est hypersensible à certains bruits, se couvrant même les oreilles comme pour se protéger.
  • Il est très sage et ne demande jamais rien; il ne pleure jamais.
  • Il est difficile de le réconforter; il refuse de se faire prendre.
  • Il ne sait pas saluer de la main (faire « bye-bye »), ne joue pas avec des marionnettes, ne personnifie pas des poupées ou des peluches.
  • Il ne sourit pas facilement.
  • Il ne joue pas, il ne réagit pas au jeu de surprise (coucou!), il tient à des objets de façon atypique.
    Il ne montre pas du doigt, il regarde de côté, il a le regard fuyant.
  • Il fait des colères inexpliquées, ne supporte pas les changements ou présente des signes d’angoisse devant ceux-ci.
  • Il refuse de porter certains vêtements.
  • Il s’intéresse à la lumière, il fixe de façon prolongée des objets, il répète toujours le même geste.
  • Il a régressé dans ses comportements, on dirait qu’il en perd.

TABLEAU 6
REMARQUES SIGNIFICATIVE POUVANT ÊTRE FORMULÉE
PAR LES PARENTS DE TRÈS JEUNES ENFANTS
  • Il est solitaire et n'a pas d'ami préféré.
  • Il est maladroit dans ses rapports avec les autres et peut faire des commentaires inappropriés à la situation sociale.
  • Il a de la difficulté à l’école, mais il est doué, il a des connaissances exceptionnelles dans un domaine bien précis.
  • Il ne cesse de nous parler, mais surtout de ce qui l’intéresse au plus haut point et il peut faire une crise si, par exemple, nous refusons d’acheter ce qu’il désire et qui est en lien avec cet intérêt.
  • Il nous regarde dans les yeux, mais ça nous laisse une impression bizarre.
  • Il parle très bien, mais avec un certain accent et il lui arrive aussi de nous corriger lorsque nous parlons.

♦ un examen médical

♦ une observation minutieuse du comportement de l’enfant afin de détecter certaines manifestations symptomatiques d’autisme ou d’écarter cette possibilité.

 

Dans le cadre de cette évaluation préliminaire, les praticiens peuvent aussi s’appuyer sur un questionnaire fréquemment utilisé chez le jeune enfant et conçu comme outil de dépistage de première ligne. Il s’agit du Modified Checklist for Autism in Toddlers (M-CHAT) : www2.gsu.edu/~psydlr/Diana_L._Robins,_Ph.D._files/M-CHAT_FrenchCanadian.pdf

D’autres outils de dépistage existent comme:

le Checklist for Autism in Toddlers (CHAT)
l'Échelle australienne du Syndrome d’Asperger

Dans le cas où cette première évaluation amènerait le praticien à ne pas exclure la présence d’un cas d’autisme chez le patient, le processus d’évaluation devra être poursuivis, soit par le médecin ou le psychologue, s’ils ont une certaine expertise de l’autisme ou ont reçu une formation en ce sens. Dans le cas contraire, le praticien de première ligne devra orienter le patient et sa famille vers un collègue plus expérimenté ou une équipe pluridisciplinaire.

IMPORTANT : Si lors de cette première évaluation, des signes de développement atypique ont été détectés, l’enfant et sa famille doivent, dès cette étape, être orientés vers les services dont ils ont besoin. Et ce, même si le diagnostic n’a pas encore été officiellement posé. Il pourra s’agir par exemple d’offrir des séances d’orthophonie si l’enfant présente un retard de langage ou d’ergothérapie si des troubles moteurs ou sensoriels ont été repérés…

Voir aussi : Le diagnostic

 

Pour aller plus loin
La Fédération québécoise de l'autisme a édité un dépliant de sensibilisation à l'intention des médecins

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec a publié un article trés intéressant sur le rôle du médecin généraliste dans l'orientation des parents. L'article de la revue Le Médecin du Québec, issu de la chronique Pour que la formation continue est intitulé « Troubles du spectre de l’autisme : l’intervention comportementale intensive, un traitement porteur ».


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