Août 1999
Société québécoise de l'autisme
De plus en plus de chercheurs attribuent des origines physiologiques à l'autisme. Dans leur esprit, l'autisme est un symptôme, un signal indiquant que quelque chose entrave le bon fonctionnement du cerveau. Dans cette optique, pour traiter l'autisme, il faut donc identifier la nature de cette intoxication et la combattre par tous les moyens.
Plusieurs études sur le sujet se fondent sur l'existence d'une importante interaction entre les systèmes digestif, immunitaire et cérébral.
Le Candida Albicans figure parmi les composantes potentielles de cette problématique. Il s'agit d'une levure (communément appelée champignon) présente chez tous les êtres humains. Habituellement, chez une personne en santé, plusieurs micro-organismes empêchent sa prolifération excessive. Il arrive pourtant que cet équilibre naturel soit rompu. Dans de tels cas, le Candida se multiplie alors de façon incontrôlée au sein des muqueuses humides qui caractérisent la bouche, le vagin et l'appareil intestinal.
De façon courante, le Candida occasionne ainsi des vaginites ou du muguet, mais on pense qu'il peut avoir des conséquences beaucoup plus dévastatrices pour l'organisme. À long terme, cette levure pourrait en effet produire des toxines très dommageables pour le système immunitaire et le cerveau. Ces toxines, acheminées par voie sanguine, occasionneraient l'apparition de nombreux symptômes indésirables : fatigue chronique, hyperactivité, dépression, troubles d'attention, agressivité, maux de tête, syndrome du côlon irritable, constipation, diarrhée, etc. Par ailleurs, certains scientifiques pensent que l'infestation au Candida peut expliquer diverses manifestations de l'autisme.
Comme il a été mentionné, le bon fonctionnement du système immunitaire dépend en partie de l'activité intestinale. Avant l'âge de 6 mois, cet environnement n'a toutefois pas fini de se développer : on pense donc que l'administration d'antibiotiques pourrait à ce moment provoquer un dérèglement de la flore intestinale. En effet, ce type de médicaments détruit parfois les micro-organismes qui la peuplent. Sans cet obstacle, le Candida peut alors s'accroître plus facilement.
Par ailleurs, on observe aussi un lien entre la prise d'antibiotiques et les otites à répétition dont souffrent certains enfants et ces dernières sont souvent le signe que le corps est infesté par le Candida.
Cette levure provoquerait donc plusieurs types de dommages. D'une part, le Candida, au niveau de l'intestin, nuit à l'absorption normale des aliments et des vitamines. D'autre part, il attaque vraisemblablement la paroi intestinale, qui devient trop poreuse. Celle-ci laisserait alors passer dans le sang de la nourriture mal assimilée. Ce phénomène peut induire d'autres types de dommages tels que les allergies alimentaires. Puisque le Candida affecte la perméabilité de l'intestin grêle et les défenses du système immunitaire, il peut aussi être étroitement lié à l'émergence d'allergies, et spécialement à de graves intolérances alimentaires. Celles-ci peuvent néanmoins exister chez l'autiste sans qu'on ait relevé ce type d'infestation.
Dans cette foulée, plusieurs spécialistes croient donc que l'évaluation du taux de Candida est la première analyse à effectuer, puisque tous les autres problèmes que l'on retrouve chez les enfants autistes seront amplifiés par la présence de cette levure.
À cette fin, on peut tenter de retracer certains acides organiques dans les urines, ou effectuer des analyses sanguines poussées. Les résultats détermineront si l'infestation est suffisamment importante pour qu'il soit intéressant de la traiter.
D'autre part, comme le Candida se nourrit de sucres, il est recommandé de les supprimer de l'alimentation, tout comme les hydrates de carbone contenus dans les produits raffinés (riz, farine blanche, etc.). Cela s'avère souvent difficile dans la pratique car certains enfants réclament justement les aliments qui fortifient l'infestation : il s'agit là sans doute d'une forme de dépendance. Le fait de ne plus consommer les substances en cause peut, par le fait même, désintoxiquer l'organisme et favoriser une amélioration significative de l'état, spécialement sur le plan de l'hyperactivité.
En ce qui concerne le traitement du Candida, il devrait durer un minimum de 9 mois, mais se prolongera quelquefois jusqu'à 5 ans. Parmi les médicaments les plus employés, on mentionne notamment le Nystatin, un antifongique efficace contre certaines souches. D'autres formes de Candida montrent cependant une résistance importante à ce type de traitement; le recours à une médication plus puissante est alors nécessaire. Fait inusité, au début d'une telle cure, l'enfant infecté semblera plus perturbé qu'à l'ordinaire : la destruction de la levure libère en effet une quantité importante de toxines. Pour cette raison, on ne constatera des améliorations significatives qu'au fil de leur disparition du système.
Pour conclure, ajoutons que les liens entre l'autisme et le Candida sont encore contestés par les médecins traditionalistes. Il s'agit toutefois d'un dossier à suivre en ce qui concerne les causes de l'autisme et, bien sûr, les possibilités de traitement.
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