Vitamine B6 dans l'autisme: la solution sûre

Article de Bernard Rimland, Ph.D, "Autism Research Institute", 1998.
Traduit par Jean-Claude Marion, Société québécoise de l'autisme.

Il n'existe pas de traitement biologique de l'autisme qui ne soit plus largement reconnu par la presse scientifique que l'usage à fortes doses de la vitamine B6 (donnée de préférence avec un supplément de magnésium). Dix-huit études publiées depuis 1965 à ce jour ont montré que des doses élevées de vitamine B6 étaient bénéfiques chez environ la moitié des enfants ou adultes autistiques traités. Même si la vitamine B6 et le magnésium ne signifient pas nécessairement la guérison, ils apportent souvent de grands et bienfaisants changements.

Parmi ces 18 études, 11 ont été menées à l'insu du malade et du médecin, et recoupées par des contrôles avec placebo. Dans 8 expériences, on a constaté que la B6 avait normalisé les substances anormales qui apparaissaient dans l'urine des enfants autistiques. D'autres études ont montré un effet sur la régularisation des ondes cérébrales ainsi qu'une large gamme d'autres améliorations. 18 études consécutives ont donc prouvé que les mégadoses de B6 étaient efficaces. Il n'existe pas d'études contradictoires. Aucun médicament n'est jamais arrivé au même résultat.

Ces études sur la B6 et l'autisme n'ont jamais révélé l'existence d'effets secondaires ni même évoqué la possibilité qu'ils surviennent. J'ai moi-même révisé intensivement la presse scientifique sur la vitamine B6 avant de me lancer dans ma première étude sur ce sujet à la fin des années 60. Un compte-rendu publié en 1966 par l'Académie américaine des pédiatres a confirmé ma propre conclusion : "Jusqu'à ce jour, il n'existe pas de rapport qui montre que des effets nocifs soient associés à de grandes prises de vitamine B6 (0,2 à 1g\jour)".

Des dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des milliers d'enfants et d'adultes autistiques, ont pris de fortes doses de vitamine B6 au cours des années 60-70 et au début des années 80, sans que jamais on ne rapporte d'effets nocifs associés. En 1983, cependant, un article de Schaumberg a révélé l'existence d'effets secondaires "significatifs" (mais non permanents ni dangereux pour la vie) chez 7 malades qui prenaient de 2000 mg à 6000 mg de vitamine B6 par jour. Les effets secondaires (une neuropathie périphérique) consistaient en un engourdissement des mains et des pieds - la sensation que l'on ressent quand une main ou un pied "s'endort". Dans certains cas, l'engourdissement des pieds avait même des répercussions sur la marche. Ces malades, cependant, ne prenaient pas de Magnésium ni d'autres vitamines du complexe B, ni d'autres suppléments nutritifs qui auraient dû normalement accompagner l'administration de grandes quantités de vitamine B6. Il est aussi possible que cette mauvaise réaction soit due non à la toxicité de la B6, mais plutôt au déficit en magnésium et en autres vitamines B induit par la prise de grandes quantités de vitamine B6.

Il est important de noter que l'étude de Schaumberg ne portait que sur 7 malades et avait pourtant 7 signataires parmi quelques-uns des plus grands centres médicaux des États-Unis. Après qu'un premier cas ait été identifié, il semblerait qu'on ait eu besoin d'une recherche au niveau national pour localiser les autres malades.

Dans les années suivantes, seulement quelques cas de malades avec des symptômes de neuropathie ont été rapportés dans la presse scientifique.

Selon ma propre expérience qui s'étend sur à peu près 30 ans (et implique donc le contact avec plusieurs milliers d'enfants et d'adultes autistes), je n'ai rencontré, au mieux de ma connaissance, que 4 cas de neuropathie périphérique. Dans ces cas, l'engourdissement des mains et des pieds avait été remarqué par les parents qui avaient aussi observé que : a) l'enfant frappait dans les mains pour récupérer sa circulation, ou b)qu'il avait des difficultés pour prendre les objets tels que les morceaux d'aliments, ou c)qu'il éprouvait des problèmes pour marcher à cause de l'engourdissement de la plante des pieds. Quand on arrêta la vitamine B6 ou qu'on réduisit notablement son dosage, ces symptômes disparurent très vite et complètement. Il semble que certains individus soient extrêmement sensibles à de plus fortes doses de vitamine B6. Ces cas sont très peu nombreux et le problème est généralement résolu dès l'arrêt d'administration de la B6.

Si l'on compare ces faits avec ceux rapportés jour après jour sur l'activité des médicaments utilisés dans l'autisme, il est clair que la vitamine B6 est immensément plus sûre. On n'a jamais signalé de cas de mortalité ou de maladie sérieuse associée à la prise de grandes quantités de B6. Les incapacités permanentes et les morts sont courantes avec les autres médicaments habituellement prescrits.

Mon propre fils, Marc, âgé de 40 ans, a pris 1g/jour de B6 (avec 400 mg de Magnésium et d'autres suppléments nutritifs) pendant environ 30 ans. S'il existe une personne en meilleure santé en Amérique du nord, j'en serais surpris. L'apparition d'une petite carie dentaire à 20 ans fut son unique problème de santé.

Bien que la B6 soit d'une extraordinaire innocuité, des milliers de parents m'ont confié au cours des années que leurs médecins les mettaient en garde contre l'utilisation de fortes doses de B6 à cause des risques impliqués. C'est malheureusement très caractéristique de la plupart des établissements médicaux (qui gagnent évidemment beaucoup d'argent en prescrivant des médicaments) de dénigrer et d'exagérer les dangers de la prise de suppléments vitaminiques.

Récemment, les médias nationaux ont publicisé très largement une étude venant de l'Université du Michigan qui prévenait le public contre les dangers de la vitamine B6. Cette étude, également couverte par la télévision nationale, a été responsable, dans nos bureaux, d'une vague d'appels de la part de parents alarmés par la mise en garde : "La B6 est toxique".

La lecture de l'étude m'a vraiment consterné. Les auteurs de l'Université du Michigan prétendaient étudier la valeur de la vitamine B6 dans le traitement du syndrome du canal carpien (une maladie des poignets, très douloureuse, devenue récemment très commune et généralement considérée comme une conséquence de mouvements répétitifs). La chirurgie est le traitement conventionnel mais elle est souvent inefficace, douloureuse, onéreuse et handicapante. Beaucoup d'études bien documentées montrent que, dans la majorité des cas, de fortes doses de vitamines B6 traitent ce syndrome avec succès. Avec tellement de succès qu'une cure de B6 pendant 6 semaines permet généralement de renoncer à la méthode chirurgicale.

Les chercheurs du Michigan n'avaient même pas donné 1seul mg de B6 à un seul des participants (pas des malades). Leurs avertissements étaient principalement basés sur le rapport de Schaumberg de 1983. De plus, ils n'avaient même pas inclus un seul sujet souffrant du syndrome du canal carpien. Ils avaient analysé le sang et le système nerveux de personnes avec un risque potentiel de développer ce syndrome mais qui, en fait, ne souffraient pas de ce syndrome. Le parti-pris contre la vitamine B6 dans cette étude est vraiment évident quand on lit dans la préface de l'étude sous la rubrique "État des recherches", que "plusieurs" études ont montré l'efficacité de la B6 dans le syndrome du canal carpien mais que de "nombreuses" études n'ont pu confirmer cette découverte. Si l'on regarde les références citées dans l'étude, on constate qu'il existe 12 rapports favorables et que 7 seulement sont négatifs. Donc, pour eux, "plusieurs" signifient 12 et "beaucoup" 7.

L'étude de l'Université du Michigan qui a été très largement couverte par les médias, est certainement une des pires et une des plus consternantes qu'il m'a été permis de voir. Alan Gaby, auteur du "Guide du médecin de la vitamine B6" l'a d'ailleurs décrite comme un étalage dégoûtant de préjugés et je partage certainement son avis.

Rien n'est parfaitement sûr mais la B6 l'est exceptionnellement, principalement si on la compare à la solution alternative représentée par les médicaments qui sont beaucoup plus susceptibles de provoquer de graves maladies et même la mort.

La condition d'un autiste s'améliorera avec de fortes doses de vitamine B6, à la condition que son corps réclame cet extra de vitamines. Souvent, l'effet se fera sentir après quelques jours. Si, après 3 ou 4 semaines on ne constate aucune amélioration (dans à peu près 50% des cas), ou s'il apparaît des signes de neuropathie périphérique (très rare), il faut cesser de donner la B6.

Un article de Ellis and McCully, daté de 1995, montra que des patients plus âgés qui avaient pris entre 100 et 300 mg de vitamine B6 par jour, pendant des années, n'ont souffert de maladies de coeur plus fréquemment que dans seulement 27% des cas. Parmi eux, ceux qui moururent d'attaque cardiaque avaient une moyenne d'âge de 84,5 ans, c'est-à-dire 8 ans de plus que l'âge moyen des patients qui avaient été pris comme groupe de contrôle dans cette région.

Dans une étude sur les nouveaux-nés épileptiques, datée de 1993, Pietz trouva que 300 mg de vitamine B6/kg/j (18 fois le dosage utilisé pour les autistes) étaient plus efficaces que les médicaments administrés pour prévenir les crises d'épilepsie.

En outre, la vitamine B6, dans des doses aussi élevées que 50 g par jour, est utilisée comme antidote chez les victimes de certains poisons. Peut-on donc dire qu'elle est toxique ?


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