Les acides gras essentiels : une alternative au Ritalin

* La vitaminothérapie a connu une certaine popularité auprès des parents et des chercheurs entre 1995 et 2002 environ.

Article de Paul F. Beatty 
Résumé et traduit par Jean-Claude Marion, Société québécoise de l'autisme .

On parle du trouble de déficit d'attention avec hyperactivité (TDAH) depuis 1980 seulement et, déjà, des soi-disant experts croient qu'il y a de 3 à 5% des enfants en Amérique du Nord qui souffrent de cette affection. Le problème est que presque tous ces enfants sont traités avec le Ritalin (méthylphénidate) et que celui-ci peut être toxique.

Les parents concernés ont un choix maintenant puisque des recherches ont montré que les acides gras essentiels (EFA) pouvaient constituer une alternative naturelle à cette drogue nuisible.

Le risque du Ritalin

Officiellement, le Ritalin est classé dans la même catégorie que la méthamphétamine, la cocaïne et la méthadone. Il est connu dans les rues comme la cocaïne ou le "speed" des enfants. Même si on n'a pas encore entrepris d'études importantes sur les effets de l'usage du Ritalin à long terme, on sait, par des recherches préliminaires faites à l'institut Clarke de Toronto, qu'il altère le système neurotransmetteur du cerveau. La question des conséquences à long terme de cette drogue sur un cerveau en développement devrait interpeler chacun d'entre nous.

Il est difficile de comprendre comment notre société peut soumettre des millions d'enfants à une expérience dans laquelle on stimule le système nerveux central d'enfants déjà hyperactifs. Cela paraît illogique et paradoxal. Cela ne tient pas compte non plus des effets secondaires comme, entre autres, la dépendance et la tolérance (besoin d'administrer une plus grande quantité pour avoir le même effet) à la drogue, la nervosité ou les problèmes de sommeil. Pour toutes ces raisons, les expériences avec le Ritalin doivent être mises en échec. Il est temps maintenant d'explorer d'autres voies.

EFA : une recherche pleine d'espoir

Une étude publiée par l'American Journal of Clinical Nutrition, et réalisée à l'Université de Purdue, compare un groupe témoin de 43 garçons en santé à 53 autres souffrant de déficit d'attention et d'hyperactivité (TDAH ). Cette étude montre que les enfants souffrant de déficit ont des concentrations en métabolites d'acides gras essentiels (EFA) plus basses que celles du groupe contrôle - ce qui pourrait donner des clés importantes pour comprendre cette pathologie. On pense que cette basse concentration est d'origine biologique et multifactorielle. Des études variées ont suggéré des facteurs génétiques, des sensibilités alimentaires, l'empoisonnement par le plomb et des déséquilibres dans les neurotransmetteurs.

L'étude a montré qu'on retrouvait cette déficience de métabolites des EFA dans beaucoup d'affections comme l'eczéma, l'asthme, le diabète, le syndrome de la fatigue chronique, le syndrome prémenstruel ou de l'intestin irritable. Le profil des EFA dans ces différentes affections peut varier, mais le schéma d'ensemble est sensiblement le même : les déficiences de métabolites des EFA sont habituellement dues à l'inhibition de la fonction enzymatique dans les voies métaboliques omega-6 et omega-3 ou aux systèmes de transport affaiblis.

Les scientifiques ont également découvert que différents facteurs empêchent la dégradation des acides gras essentiels en d'importants métabolites et que c'est précisément la concentration de ces produits de dégradation qui est moindre chez les enfants souffrant de TDAH... Des régimes contenant beaucoup de graisses saturées et d'acides gras trans (que l'on trouve dans les aliments frits et les huiles hydrogénées), des déficits en zinc et en magnésium sont à placer parmi ces facteurs comme aussi les régimes riches en sucre raffiné, les taux élevés en cholestérol, les infections virales persistantes et la libération d'hormones sous l'effet du stress.

Mon opinion personnelle est que ces facteurs et d'autres non encore découverts, combinés avec une prédisposition génétique et un manque des EFA depuis la naissance, sont la raison principale des basses concentrations de métabolites des EFA rencontrées chez ces enfants. Les sujets souffrant des TDAH dans l'étude de Purdue présentent des caractéristiques statistiquement significatives par rapport au groupe témoin. Parmi ces paramètres, citons le fait que les sujets avec TDAH n'ont pas été nourris au sein aussi longtemps ou aussi souvent que les autres, qu'ils ont eu plus d'otites, qu'ils ont pris plus d'antibiotiques et qu'on a retrouvé plus fréquemment chez eux des problèmes de sommeil, de marche, d'asthme, de maux d'estomac et d'accès de colère.

L'allaitement naturel est particulièrement recommandé parce que le lait maternel contient de grandes quantités de métabolites formées de longues chaînes des EFA, et c'est précisément cette déficience qu'on remarque chez les enfants souffrant de TDAH.


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