* Troubles déficitaires de l'attention avec ou sans hyperactivité
Résumé de la conférence du DAN tenue au New Jersey les 3 et 4 octobre 1998
Présenté par Joanne Lefèbvre, responsable "Accueil et écoute aux parents"
Le DAN (Defeat Autism Now!) est composé de chercheurs et de médecins qui travaillent ensemble à identifier et à traiter les causes de l'autisme et d'autres troubles. Selon le DAN il faudrait cesser l'utilisation de médicaments et commencer à trouver les causes sous-jacentes. Plusieurs parents de la région de Montréal ont assisté à la conférence, et nous nous sommes sentis privilégiés de pouvoir participer à cette recherche innovatrice. Cependant, nous avons également ressenti un certain découragement lorsque nous avons songé que chez nous, au Québec, nous nous trouvons encore loin derrière! On continue en effet à informer les parents du diagnostic sans même leur mentionner les techniques et approches qui peuvent faire toute la différence, ou encore on leur recommande de penser à institutionnaliser leur enfant. On donne des médicaments aux enfants qui présentent des troubles du comportement et on les calme au lieu de chercher les causes de ce comportement. À la conférence du DAN, le Dr Wakefield nous a dit qu'il y a deux ans, il ne connaissait rien à l'autisme et que ses collègues ne lui avaient été d'aucune aide dans ce domaine. Toute l'information qu'il a recueillie lui a été communiquée par des parents bien informés et déterminés! En fait, les changements se produisent toujours parce que des parents en ont fait la demande. Maintenant plus que jamais, nous devons être informés et entendus et nous devons transmettre cette information pour que nos enfants puissent bénéficier des plus récentes découvertes médicales. Le Dr Rimland déplore l'attitude défaitiste et cynique dont fait preuve la profession médicale qui prône de garder les enfants à la maison, bien au chaud, ou de les institutionnaliser. L'objectif du DAN est le suivant : se concentrer sur la recherche qui peut aider nos enfants maintenant. Le Dr Rimland nous a aussi recommandé de ne pas oublier la vitamine B6, le magnésium et la DMG (appelée auparavant vitamine B15) qui, dans 18 études, se sont révélés sûrs et très efficaces pour les personnes autistes.
Selon le Dr Sydney Baker, médecin spécialisé en pédiatrie, en allergie, en immunologie, en neurologie ainsi qu'en biochimie, l'autisme est de plus en plus répandu et il semble que le tube digestif, le système immunitaire et le système nerveux central soient tous trois en cause. Chez les autistes on retrouve les signes suivants : résultats anormaux des analyses d'urine et de la perméabilité intestinale, ce qui nécessite un régime sans gluten ni caséine. On a noté l'amélioration la plus marquée à ce titre chez ceux qui présentent des champignons intestinaux (Candida Albicans).
Les recherches effectuées par le Dr Karl Reichelt, chercheur principal à Oslo, en Norvège, montrent que chez les autistes les taux de gluten et de caséine sont 33 % supérieurs à la normale et que, par conséquent, ils traduisent une intolérance à ces protéines. De plus, chez 50 à 60 % des autistes les taux de sérotonine sont élevés (un taux de sérotonine normal est essentiel au bon développement du cerveau).
Le Dr James Braly, médecin et directeur médical des York Nutritional Laboratories, a traité du rôle important des réactions allergiques en ce qui concerne l'autisme. Les allergies alimentaires sont souvent la cause d'otites, de sinusites, de migraines, de gastro-entérites et d'eczéma. Il a cité un article du journal Lancet qui dit que toute personne qui présente des troubles neurologiques chroniques d'origine inconnue devrait subir des tests visant à déterminer une intolérance au gluten. Voici certains des signes associés aux allergies alimentaires : présence d'autres allergies (eczéma, otites chroniques), antécédents familiaux de ces allergies et goût prononcé pour certains aliments.
Le travail effectué par le Dr Sudhir Gupta, (professeur de neurologie, de pathologie, de microbiologie et de génétique moléculaire à l'Université de Californie) sur le traitement "IVIG" de l'autisme a attiré l'attention de la communauté internationale. Selon lui, l'autisme est une maladie qui regroupe plusieurs facteurs génétiques, immunologiques et environnementaux. Ses travaux de recherche ont permis de retrouver chez les autistes :
De plus, un tiers des autistes semblent présenter un nombre réduit de lymphocytes T CD4 et CD8, une moindre résistance au Candida Albicans et leur organisme peut ne pas être en mesure de fabriquer les anticorps nécessaires pour combattre la polio, la rougeole et la rubéole. Le Dr Gupta a déclaré que l'on possède des preuves suffisantes pour suggérer que l'autisme doive être considéré comme un trouble neuro-immunologique.
Le Dr Alan Friedman, biochimiste chez Ortho-Clinical Diagnostics, filiale de Johnson & Johnson, étudie actuellement l'autisme en raison de son incidence accrue et du fait, que s'il est diagnostiqué et traité rapidement, les symptômes diminuent et une guérison complète est possible. Le Dr Friedman et son équipe ont découvert des anomalies dans l'urine des personnes autistes (taux maximums de peptides très élevés) et ont noté qu'après trois semaines d'un régime sans caséine, ces taux revenaient à la normale. Cette étude montre une carence en enzyme "DPPIV", ce qui entraîne une faiblesse du système immunitaire.
Le Dr Andrew Wakefield, consultant en gastro-entérologie expérimentale, a terminé son étude de la présence persistante du virus de la rougeole dans l'intestin des personnes autistes. L'autisme régressif est associé au vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) (cette vaccination pourrait être reportée au moment où le système immunitaire de l'enfant est plus fort). On a découvert que l'affaiblissement du système immunitaire constituait réellement un syndrome chez les personnes autistes.
Le Dr John Martin, et directeur de pathologie médicale, a concentré ses recherches sur les virus non décelables associés à l'autisme. Ces virus peuvent tromper les mécanismes du système immunitaire et demeurer dans l'organisme pendant des années. On a cependant pu les retrouver dans le liquide céphalo-rachidien des personnes autistes. Le Dr Martin a déclaré que l'autisme peut maintenant être considéré comme une maladie épidémique.
Victoria Beck, qui a un fils autiste, a ensuite parlé de son expérience avec la sécrétine. La sécrétine est une hormone utilisée dans "l'épreuve à la sécrétine", comme outil de diagnostic. Elle est alors administrée par voie intraveineuse et permet de vérifier la fonction pancréatique. Son fils a reçu de la sécrétine lorsqu'il a subi une endoscopie. Par la suite, Victoria s'est aperçue que les intestins de son fils s'étaient mis à fonctionner normalement, alors que depuis longtemps il avait des problèmes intestinaux chroniques, qu'il dormait pendant toute la nuit, qu'il commençait à établir des contacts visuels et à verbaliser. Chez 150 enfants qui ont également reçu de la sécrétine, on a observé les phénomènes suivants :
Le Dr Baker croit que le problème n'est pas une carence en sécrétine, mais que la sécrétine agit sur un aspect avec lequel elle est liée. Le Dr Gupta a également mentionné que la sécrétine avait des effets bénéfiques sur le système immunitaire. Il faut cependant noter que Victoria Beck a affirmé que le bien-être ressenti par son fils est aussi imputable aux 35 heures de thérapie comportementale qu'il continue de recevoir.
N.B. La sécrétine et les analyses mentionnées dans cet article ne sont pas disponibles au Québec. Même aux États-Unis, seulement quelques laboratoires travaillant avec le DAN peuvent les effectuer.
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