Août 1999
Société québécoise de l'autisme
Forme d'autisme étrange et sophistiquée, le syndrome d'Asperger est un handicap altérant la capacité de percevoir et de comprendre certaines conventions sociales. Il fait l'objet d'une documentation de plus en plus abondante, et commence ainsi à recevoir l'attention qu'il mérite.
Décrit en 1944 par le psychiatre autrichien Hans Asperger, le syndrome n'est cependant tiré de l'oubli qu'en 1980; à cette époque, la pédopsychiatre Lorna Wing s'attache à le faire reconnaître.
Actuellement, on estime que le désordre affecte environ 26 personnes sur 10 000. Les garçons se verraient aussi beaucoup plus souvent frappés que les filles.
En ce qui concerne les causes de la maladie, on semble les imputer à des lésions au cerveau, plus précisément dans l'hémisphère droit, siège des émotions. Ces lésions pourraient s'expliquer par une naissance difficile ou par des traits héréditaires. Des études récentes ont d'ailleurs renforcé cette dernière hypothèse, ce qui discrédite les théories psychanalytiques longtemps employées pour expliquer la maladie.
En relation avec l'autisme, on suggère que le syndrome d'Asperger consiste en un état voisin, d'une gravité autre, mais que fondamentalement tous deux correspondent sans doute aux mêmes dysfonctionnements du cerveau. Le syndrome d'Asperger s'inscrit donc sur le même continuum que l'autisme. Toutefois, entre les deux désordres subsiste la plupart du temps un important fossé accentué notamment par la maîtrise du langage.
Le syndrome d'Asperger connaît un développement stable; il semble qu'on puisse établir un diagnostic dès l'âge de trois ans. Avant cet âge, les parents peuvent néanmoins constater des particularités chez leur enfant : dès sa première année, leur bébé communiquera peu par le rire, le babillage, etc. De façon générale, l'enfant Asperger ne connaît pourtant pas de retard particulier de langage; au contraire, il étonne parfois par son emploi de mots très recherchés et son imposant vocabulaire. Il doit souvent ces caractéristiques à une excellente mémoire.
Sur le plan physique, les victimes du syndrome présentent plusieurs traits atypiques : des difficultés motrices (gestes maladroits, démarche guindée, etc.), une intonation monotone, une fuite du contact visuel, et, à l'occasion, certains tics.
Par ailleurs, les symptômes les plus importants se situent davantage au plan social. On remarque chez les Asperger une difficulté notable à saisir le langage non verbal (haussement d'épaules, sourire las, etc.) et les données abstraites. L'emploi d'une expression comme «couper les cheveux en quatre», par exemple, les laissera perplexe, ou sera même comprise au premier degré. Cette difficulté entraîne évidemment des problèmes de communication et suscite la moquerie chez leurs pairs. Ces derniers y verront sans doute une grande naïveté.
La résistance au changement constitue un symptôme classique du syndrome d'Asperger. En raison de leurs difficultés à interpréter les signes émanant de leur environnement, les personnes affectées attachent beaucoup d'importance à la routine. En effet, à défaut de pouvoir prédire ce qui les attend, elles deviennent vite angoissées, et tendent alors à avoir des comportements obsessifs.
À plusieurs égards, les jeunes atteints du syndrome manifestent beaucoup de maladresse dans leurs interactions sociales. Beaucoup évitent les contacts physiques, expriment peu ce qu'ils ressentent ou le font alors de façon démesurée. Les sentiments des autres leur apparaissent encore plus abstraits et, la plupart du temps, les Asperger leur substituent même leurs propres émotions. En conséquence, l'entourage perçoit souvent les victimes du syndrome comme étant peu réceptives et égocentriques.
Cette impression se voit par ailleurs renforcée par un trait caractéristique des Asperger : l'engouement pour un domaine très spécifique, et leur capacité d'en parler longuement en dépit de l'ennui de leur auditoire. Ce trait fréquent chez les Asperger prend la forme d'une fixation, ou d'une obsession pour quelque chose sur laquelle ils acquerront une foule de connaissances. Il peut s'agir, par exemple, d'une passion pour le nom des rues, pour la biologie marine, etc. Souvent, la victime du syndrome ne parlera aux gens que par le biais de cet intérêt précis.
Leur difficulté à entamer une conversation et à la maintenir démontre le fossé existant entre leur langage savant et une communication normale, où chacun voit les réactions de l'autre et peut les interpréter.
Ne comprenant pas le subtil écheveau des relations humaines, l'Asperger est ainsi cantonné dans un isolement dont il est le premier à souffrir, et auquel se rajoutent de douloureuses moqueries. Parfois, une dépression s'ensuivra, voire même des tendances suicidaires.
Si on ne peut encore guérir les victimes de l'Asperger, il est toutefois possible de les aider à différents niveaux. On peut déjà recommander fortement de lire plusieurs articles sur le sujet : ces derniers présentent un large éventail de moyens d'intervention, que l'on choisira en fonction de chaque cas. Toutefois, de façon générale, on peut prendre connaissance des consignes suivantes :
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