Petit manuel de survie pour les parents

L’Express / printemps 2009

Par Isabelle Dallaire

Depuis sa naissance, Julien a toujours été un enfant difficile. Il a maintenant 9 ans. Nous avons décidé de le faire évaluer à l’âge de 7 ans, car il avait beaucoup de conflits avec son frère, et ce, malgré les nombreuses « conséquences ». De plus, un soir, alors que nous étions tous les deux dans mon lit à discuter doucement, Julien m’a dit : « Maman, moi, mon cerveau est fou, il est handicapé ». Mon coeur s’est brisé et mon conjoint et moi avons décidé d’entreprendre les procédures d’évaluation.

Le diagnostic a changé totalement notre compréhension et nos méthodes d’intervention avec lui.

En ce moment, Julien est dans une classe régulière de 4e année et bénéficie d’aide 25 heures par semaine, car il partage une accompagnatrice avec un autre enfant TED.

C’est un petit garçon joyeux qui aime nous faire rire; il est intelligent et curieux. Ses intérêts sont variés : il aime entre autres l’informatique, les jeux électroniques, la construction de robots, les échecs, faire la cuisine, le ski alpin, le hockey cosom, le kayac et la natation. Ceux qui ne savent pas qu’il est dans le spectre de l’autisme me diront qu’il est gêné, dans la lune et sensible.

Il est bilingue, car à la maison nous parlons deux langues, le français et l’anglais. Il a deux frères et une soeur. En tenant compte de son âge, il a toujours répondu aux attentes au niveau du langage et de la motricité globale et fine.

Julien est calme et beaucoup moins anxieux depuis que nous comprenons sa différence, car nous avons adapté notre mode de communication. Maintenant, je traduis pour lui les informations abstraites ou complexes (émotions, situations, règle, etc.) en les rendant visuelles et concrètes.

Ce qui aide à la maison

Par exemple : j’éteins le Wii, je range les manettes dans le tiroir et je range le disque dans le boîtier. Ça aide à comprendre les nouvelles consignes. En quelques jours, c’est intégré et on enlève l’outil.

Ce qui aide pour comprendre les émotions

Si un des visages change et que l’ami n’est plus content, Julien a comme consigne d’aller le dire à un adulte.

Ce qui aide à l’école


À propos de l’auteure
Isabelle Dallaire
Maman du petit Julien
Gestionnaire d’une compagnie de traduction 


1 - De façon générale, les ergothérapeutes confirment que mâcher de la gomme peut améliorer la capacité de concentration.


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